{"id":215,"date":"2025-06-11T14:59:37","date_gmt":"2025-06-11T14:59:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.journalapaix.org\/?p=215"},"modified":"2025-06-11T14:59:37","modified_gmt":"2025-06-11T14:59:37","slug":"mouche-des-fruits-branlebas-de-combat-contre-un-cauchemar-des-producteurs-de-mangue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.journalapaix.org\/?p=215","title":{"rendered":"Mouche des fruits: branlebas de combat contre un cauchemar des producteurs de mangue"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Des mangues toujours au stade de leur maturation qui tombent des branches et pourrissent aux pieds des arbres. R\u00e9sultante de l\u2019activit\u00e9 de la mouche des fruits, ce ph\u00e9nom\u00e8ne s\u00e9vit de mani\u00e8re r\u00e9currente dans les vergers de la province du K\u00e9n\u00e9dougou (Orodara), r\u00e9gion des Hauts-Bassins (Bobo-Dioulasso). Entre pertes de r\u00e9coltes et rejets des lots contamin\u00e9s \u00e0 l\u2019exportation, les cons\u00e9quences de l\u2019action de cette mouche n\u2019\u00e9pargnent ni producteurs, ni exportateurs, encore moins les transformateurs. Pourtant, des produits de traitements combin\u00e9s \u00e0 d\u2019autres m\u00e9thodes de lutte d\u00e9velopp\u00e9es par la recherche et des accompagnements du gouvernement permettent de venir \u00e0 bout de ce fl\u00e9au.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mercredi 23 avril 2025. Il est 8 heures \u00e0 Kourinion, commune rurale de la province du K\u00e9n\u00e9dougou (Orodara), r\u00e9gion des Hauts-Bassins (Bobo-Dioulasso). Ardjouma Vl\u00e9 Traor\u00e9, un producteur de mangue, nous accueille dans son verger de deux hectares (ha) et demi situ\u00e9 \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie du village. Les chants d\u2019oiseaux r\u00e9sonnent partout. Un vent frais, annonciateur d\u2019un beau temps souffle. Ce verger verdoyant de plusieurs centaines de pieds de manguiers pr\u00e9sente une bonne physionomie. A vue d\u2019\u0153il, il pr\u00e9sage une cueillette prometteuse. Les manguiers ont bien produit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Certaines branches ploient sous le poids des mangues vertes au stade de maturation. Mais derri\u00e8re cette belle apparence, se cache une r\u00e9alit\u00e9 quelque peu troublante. Il s\u2019agit de la pr\u00e9sence de la mouche des fruits dans le verger, un parasite qui s\u2019attaque aux mangues. \u00ab De la floraison jusqu\u2019\u00e0 un certain stade de la maturation, comme actuellement, le verger donne le sourire. Mais \u00e0 un certain moment, si la mouche des fruits commence ses ravages, surtout cette ann\u00e9e avec les pluies pr\u00e9coces, c\u2019est la d\u00e9solation \u00bb, soutient Ardjouma Vl\u00e9 Traor\u00e9, pour souffler \u00e0 demi-mot que cette bonne physionomie de son verger est trompeuse. Une visite guid\u00e9e de l\u2019exploitation nous permet d\u2019appr\u00e9hender l\u2019ampleur du ph\u00e9nom\u00e8ne. Le constat est triste ! \u00c7\u00e0 et l\u00e0, des dizaines de mangues non m\u00fbres sont \u00e9parpill\u00e9es aux pieds des arbres.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"620\" height=\"413\" src=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/6-1.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-217\" style=\"width:730px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/6-1.webp 620w, https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/6-1-300x200.webp 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 620px) 100vw, 620px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Les attractifs alimentaires et sexuels sont suspendus dans des bocaux pour capturer <\/em><br><em>les mouches afin  <\/em><em>de les tuer ou pour casser leur cycle<\/em> <em>de d\u00e9veloppement.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pire, la plupart commencent \u00e0 se d\u00e9composer. Le regard terne, le producteur les contemple avec d\u00e9pit, secoue la t\u00eate et l\u00e2che, apr\u00e8s un long soupir : \u00ab Ces mangues tomb\u00e9es sont la r\u00e9sultante de l\u2019activit\u00e9 d\u2019une mouche. Une fois qu\u2019elle pique la mangue, le fruit pourrit petit \u00e0 petit et finit par tomber sans avoir atteint son stade terminal de maturation. A cause de cette mouche, on ne peut plus laisser les mangues murir sur l\u2019arbre. Nous sommes oblig\u00e9s de les cueillir pr\u00e9cocement pour \u00e9viter de tout perdre \u00bb, renseigne le producteur. Cette mouche, poursuit-il, est le v\u00e9ritable ennemi des acteurs de la mangue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La mouche des fruits, fait savoir le directeur r\u00e9gional de l\u2019agriculture, des ressources animales et halieutiques des Hauts-Bassins, Eric Pascal Adanabou, diminue consid\u00e9rablement les rendements des vergers. \u00ab Elle cause une perte tr\u00e8s importante de la production dans les vergers. Son action contribue au pourrissement rapide des mangues. Et quand la mangue pourrit, sa qualit\u00e9 est douteuse \u00bb, soutient le directeur&nbsp;r\u00e9gional.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Des esp\u00e8ces&nbsp;de mouches&nbsp;\u00ab dangereuses \u00bb<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les mouches de fruits, encore appel\u00e9es Bactrocera Dorsalis, \u00e0 en croire Dr Issaka Zida, entomologiste \u00e0 l\u2019Institut de l\u2019environnement et de recherche agricole (INERA) de Farakoba \u00e0 Bobo-Dioulasso, sont des insectes ravageurs qui&nbsp;utilisent la mangue pour se reproduire. Au Burkina Faso, d\u00e9voile-t-il, on recense plus de 40 esp\u00e8ces de mouches de fruits. \u00ab Le manguier seul en compte environ sept. Mais, seulement deux esp\u00e8ces sont&nbsp;responsables de plus de 90% de d\u00e9g\u00e2ts observ\u00e9s dans les vergers. Toute mangue piqu\u00e9e par ces insectes est une perte \u00bb, indique l\u2019entomologiste.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"620\" height=\"216\" src=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/4-1.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-218\" style=\"width:709px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/4-1.webp 620w, https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/4-1-300x105.webp 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 620px) 100vw, 620px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Le couple des principales esp\u00e8ces de mouches, responsable des ravages de mangue <\/em><br><em>(\u00e0 gauche la mouche m\u00e2le et \u00e0 droite la femelle) rencontr\u00e9es au Burkina Faso.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon le chercheur \u00e0 l\u2019Institut de recherche en science de la sant\u00e9 (IRSS) \u00e0 Bobo-Dioulasso, Dr Nouhoun Traor\u00e9, la mouche de mangue vient d\u2019Asie. Elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte, dit-il, pour la premi\u00e8re fois au Kenya en 2003 et aper\u00e7ue au Burkina Faso en 2005. \u00ab Les d\u00e9g\u00e2ts de la mouche sont \u00e9normes. Elle est responsable de 60 \u00e0 100% de pertes des r\u00e9coltes \u00bb, d\u00e9taille le chercheur \u00e0 l\u2019IRSS. Ces d\u00e9g\u00e2ts, pr\u00e9cise Dr Issaka Zida, varient de 30% sur les mangues de vari\u00e9t\u00e9s pr\u00e9coces ou interm\u00e9diaires \u00e0 100% sur les vari\u00e9t\u00e9s tardives.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab La mangue est notre principale source de revenus. En une saison, l\u2019on peut avoir&nbsp;7 \u00e0 10 tonnes \u00e0 l\u2019hectare pour un profit d\u2019au moins&nbsp;500 000 F CFA si les vergers ne sont pas attaqu\u00e9s par les insectes de fruit. Mais avec la mouche, il est difficile d\u2019avoir 4 \u00e0 5 tonnes \u00e0 l\u2019hectare \u00bb, nous informe Ardjouma Vl\u00e9 Traor\u00e9, la mine d\u00e9confite. A quelques 5 kilom\u00e8tres du verger de Ardjouma Vl\u00e9 Traor\u00e9, se trouve celui de Bala Vl\u00e9 Traor\u00e9. Ce verger, le producteur l\u2019a obtenu apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de dur labeur et en est aujourd\u2019hui fier. \u00ab Depuis que j\u2019ai quitt\u00e9 les bancs, il y a douze ans, je me suis investi dans la production de la mangue. Bon an mal an, je gagne ma vie \u00bb, d\u00e9clare Bala Vl\u00e9 Traor\u00e9. Le verger de Bala Vl\u00e9 Traor\u00e9 fait \u00e9galement l\u2019objet d\u2019attaques de la mouche, cet ennemi sournois qui donne du tournis aux acteurs de la mangue.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"620\" height=\"373\" src=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/1-2-1.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-219\" style=\"width:788px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/1-2-1.webp 620w, https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/1-2-1-300x180.webp 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 620px) 100vw, 620px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>La bonne physionomie du verger de Ardjouma Vl\u00e9 Traor\u00e9, \u00e0 ses dires, ne pr\u00e9sage pas forc\u00e9ment une bonne <\/em><br><em>moisson avec la mouche qui a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 faire des ravages<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab La mouche est notre pire cauchemar. Elle d\u00e9cime notre production \u00bb, soutient Bala Vl\u00e9 Traor\u00e9 tout d\u00e9pit\u00e9. \u00ab Il existe d\u2019autres maladies de la mangue comme l\u2019ass\u00e8chement des manguiers, mais depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es, c\u2019est la mouche qui nous emp\u00eache de dormir \u00bb, rench\u00e9rit Issa Vl\u00e9 Traor\u00e9, un autre producteur fruitier de Kourinion. G\u00e9rant de quincaillerie \u00e0 Bobo-Dioulasso pendant plus de 15 ans, Issouf Traor\u00e9 a d\u00fb quitter la ville pour h\u00e9riter du verger de son d\u00e9funt p\u00e8re en 1995. Ce verger \u00e9tant l\u2019espoir de toute la famille, il se mit rapidement \u00e0 la t\u00e2che.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au fil des ans, Issouf Traor\u00e9 s\u2019est impos\u00e9 comme un producteur de mangue qui compte dans son village. M\u00eame si les d\u00e9buts n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 faciles \u00e0 ses dires, aujourd\u2019hui c\u2019est un exploitant d\u2019une dizaine d\u2019hectares de vergers qui se frotte les mains. \u00ab Ce n\u2019\u00e9tait pas du tout facile au d\u00e9but, mais avec le courage et la d\u00e9termination, et vue que toute la famille comptait sur moi, j\u2019ai tenu bon, et aujourd\u2019hui, je dis Dieu merci. Avec cette activit\u00e9, j\u2019arrive \u00e0 faire face aux besoins de la famille, je suis ind\u00e9pendant \u00bb, se r\u00e9jouit l\u2019ancien g\u00e9rant de quincaillerie. Ag\u00e9 de 70 ans, Tidiane Traor\u00e9 produisait d\u2019abord l\u2019anacarde avant de se retrouver dans la mangue.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"620\" height=\"373\" src=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/1-2-1-1.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-223\" style=\"width:741px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/1-2-1-1.webp 620w, https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/1-2-1-1-300x180.webp 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 620px) 100vw, 620px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>L\u2019activit\u00e9 de la mouche est visible sur les mangues dans le verger de Bala Vl\u00e9 Traor\u00e9.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsqu\u2019on lui pose la question sur la rentabilit\u00e9 de la production de ce fruit par rapport \u00e0 l\u2019anacarde, c\u2019est avec un large sourire que le sexag\u00e9naire laisse entendre que la mangue est de loin plus b\u00e9n\u00e9fique que l\u2019anacarde. \u00ab Je viens d\u2019ailleurs d\u2019acqu\u00e9rir une motocyclette flambant neuve gr\u00e2ce \u00e0 la production de la mangue. Ce qui \u00e9tait impensable quand je produisais l\u2019anacarde \u00bb, confie-t-il. Propri\u00e9taire d\u2019un verger de 37 ha dont 20 ha de manguiers, 10 ha d\u2019anacardiers, et une partie r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 la mara\u00eecher-culture, le chef du village de Kourinion, Drissa Traor\u00e9, est un v\u00e9ritable agrobusiness man qui a b\u00e2ti sa fortune autour de la mangue.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">N\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une lutte coordonn\u00e9e<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si dans les vergers des fr\u00e8res Vl\u00e9, la mouche a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 son activit\u00e9, elle ne semble pas, en revanche, inqui\u00e9ter Drissa et Tidiane Traor\u00e9. En d\u00e9cidant de prendre le taureau par les cornes, ces producteurs ont r\u00e9ussi \u00e0 circonscrire le mal dans leurs vergers respectifs. \u00ab Il y a deux ans, j\u2019ai trait\u00e9 mes manguiers avec le Timaye, un produit pi\u00e8ge qui consiste \u00e0 capter les mouches m\u00e2les pour casser leur chaine de reproduction. La troisi\u00e8me ann\u00e9e qui a suivi, j\u2019ai utilis\u00e9 le M3, un autre produit qui s\u2019attaque \u00e0 toutes les mouches. C\u2019est ce qui fait que pr\u00e9sentement, l\u2019attaque de la mouche n\u2019est pas visible dans mon verger \u00bb, se f\u00e9licite Drissa Traor\u00e9. Avec le concours de la recherche, les producteurs, selon les propos de Drissa Traor\u00e9, parviennent tant bien que mal \u00e0 maitriser cet insecte.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"620\" height=\"413\" src=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/2-7.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-222\" srcset=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/2-7.webp 620w, https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/2-7-300x200.webp 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 620px) 100vw, 620px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Fili\u00e8re importante dans l\u2019offensive agricole, la mangue, confie Eric Pas cal Adanabou, retient l\u2019attention du d\u00e9partement en charge de l\u2019agriculture. \u00ab Dans le cadre de l\u2019offensive agricole, nous assistons les producteurs par la surveillance de ces insectes ravageurs, mais aussi, nous mettons \u00e0 leur disposition des pesticides pour contrer les mouches de la mangue. Il y a aussi le renforcement des capacit\u00e9s des producteurs que nous menons pour faire connaitre cette mouche afin de leur permettre de mieux la combattre \u00bb, cite M. Adanabou comme actions du gouvernement pour soutenir les producteurs dans la lutte contre les insectes de fruits.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le hic dans le combat contre la mouche de la mangue, regrette le chef de village de Kourinion, c\u2019est le manque de coordination des producteurs dans la lutte. \u00ab Si moi je m\u2019inscris dans la lutte contre la mouche, et mon voisin ne le fait pas, c\u2019est peine perdue. Pendant que je la combats, elle se r\u00e9fugie chez lui. Et en temps opportun, elle va revenir dans mon verger, malgr\u00e9 mes efforts consentis \u00bb, se d\u00e9sole le chef. En plus de l\u2019usage des pesticides, Drissa Traor\u00e9 pr\u00e9conise en amont que les vergers soient entretenus et d\u00e9barrass\u00e9s des mauvaises herbes et des arbustes pour donner plus de chance \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 des traitements. \u00ab La premi\u00e8re lutte, c\u2019est d\u2019assainir son verger avant de se procurer les produits de lutte contre la mouche.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On entend certains producteurs dire qu\u2019ils ont pourtant fait le traitement de leurs manguiers, mais la mouche est toujours l\u00e0. Ces producteurs oublient que si le verger n\u2019est pas d\u00e9barrass\u00e9 des mauvaises herbes et des arbustes, le traitement ne peut pas \u00eatre efficace \u00bb, mart\u00e8le-t-il. Si la lutte est coordonn\u00e9e, se convainc Drissa Traor\u00e9, on peut maitriser, voire \u00e9radiquer la mouche. Pour ce faire, il invite les producteurs de la mangue \u00e0 engager une lutte commune sans merci contre la mouche. Ce sont surtout des efforts conjugu\u00e9s, estime-t-il, qui sont la seule solution contre le ravage des mouches et pour avoir des mangues de qualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les cons\u00e9quences de l\u2019activit\u00e9 de Bactrocera Dorsalis sont aussi bien d\u00e9sastreuses pour le producteur que pour l\u2019exportateur. Toute mangue piqu\u00e9e renfermant une larve de la mouche de mangue est une perte, explique le pr\u00e9sident de l\u2019Association professionnelle de la mangue du Burkina (APROMAB), Yaya Kon\u00e9, par ailleurs promoteur d\u2019une structure d\u2019exportation des fruits et l\u00e9gumes. Elle ne peut plus \u00eatre export\u00e9e, \u00e0 ses dires, sous peine de rejet et de destruction totale du lot de mangues par les services phytosanitaires europ\u00e9ens. \u00ab A l\u2019exportation, une seule mangue piqu\u00e9e suffit pour d\u00e9classer et incin\u00e9rer toute la cargaison. Si fait que chaque ann\u00e9e, \u00e0 cause de ces insectes, des containers entiers en provenance du Burkina Faso sont intercept\u00e9s et d\u00e9truits par incin\u00e9ration aux frais des exportateurs dans les ports et a\u00e9roports europ\u00e9ens,&nbsp;leur causant un grave pr\u00e9judice \u00e9conomique \u00bb, informe Yaya Kon\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La recherche&nbsp;\u00e0 pied d\u2019\u0153uvre<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De 2013 \u00e0 2022, indique M. Kon\u00e9, ce sont plus de 100 interceptions de mangues que les exportateurs de la mangue du Burkina Faso ont subi sur le march\u00e9 europ\u00e9en avec d\u2019\u00e9normes pertes \u00e9conomiques.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aussi, la mouche de mangue, aux dires du pr\u00e9sident de l\u2019APROMAB, \u00e9courte la campagne d\u2019exportation des mangues au Burkina Faso. \u00ab Le minist\u00e8re en charge de l\u2019Agriculture, pour \u00e9viter ces nombreuses saisies, est souvent contraint de suspendre l\u2019exportation de la mangue fra\u00eeche \u00e0 partir de fin mai ou d\u00e9but juin pour une campagne qui, normalement, doit aller jusqu\u2019en juillet-ao\u00fbt \u00bb, explique-t-il. C\u2019est aussi le r\u00f4le de l\u2019Etat, selon les explications du directeur r\u00e9gional Adanabou, de pr\u00e9venir les pr\u00e9judices subis par les exportateurs en \u00e9courtant la campagne d\u2019exportation de la mangue dans les zones o\u00f9 l\u2019activit\u00e9 de la mouche est accentu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette situation risque d\u2019avoir des cons\u00e9quences encore plus graves si l\u2019on ne r\u00e9ussit pas \u00e0 contrer la mouche, Selon Yaya Kon\u00e9. \u00ab A la longue, si l\u2019on ne parvient pas \u00e0 maitriser cet insecte, la mangue du Burkina Faso va perdre sa cr\u00e9dibilit\u00e9 vis-\u00e0-vis des pays demandeurs qui ont mis les moyens pour \u00e9viter que cette mouche, class\u00e9e parmi les \u2018\u2019insectes de quarantaine\u2019\u2019, n\u2019entre sur leur territoire \u00bb, pr\u00e9vient l\u2019exportateur des fruits et l\u00e9gumes. Depuis son apparition, les chercheurs se sont mis \u00e0 la t\u00e2che pour trouver des solutions \u00e0 Bactrocera Dorsalis. Dr Nouhoun Traor\u00e9 travaille sur un outil g\u00e9n\u00e9tique de lutte contre la mouche de mangue.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"515\" height=\"420\" src=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/7-1.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-221\" style=\"width:623px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/7-1.webp 515w, https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/7-1-300x245.webp 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>La recherche, selon Dr Issaka Zida, a permis de mettre \u00e0 la disposition des producteurs <\/em><br><em>une gamme de pesticides et des m\u00e9thodes de lutte contre la mouche de la mangue.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les m\u00e9thodes de lutte qui sont employ\u00e9es pour le contr\u00f4le de cette mouche, dit-il, sont beaucoup plus bas\u00e9es sur l\u2019utilisation des pesticides. \u00ab C\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement des pi\u00e8ges qui combinent l\u2019insecticide et l\u2019attractif alimentaire. Quand la mouche sera attir\u00e9e dans le pi\u00e8ge, suivant l\u2019odeur de l\u2019aliment, l\u2019insecticide va servir \u00e0 la tuer. Il y a \u00e9galement l\u2019attractif ph\u00e9romonal. Ce sont des substances chimiques qui attirent les m\u00e2les. Ces attractifs \u00e9galement sont combin\u00e9s \u00e0 des insecticides pour tuer les m\u00e2les afin de casser le cycle de reproduction des mouches \u00bb, explique le chercheur \u00e0 l\u2019IRSS.&nbsp; \u00ab Nous avons aussi mis \u00e0 la disposition des producteurs, un app\u00e2t bio appel\u00e9 Mango protect qui n\u2019est pas associ\u00e9 \u00e0 un insecticide pour permettre aux producteurs d\u2019avoir des mangues 100% bio tout en faisant face \u00e0 la mouche \u00bb, fait savoir l\u2019entomologiste Issaka Zida.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019inaccessibilit\u00e9\u00a0des pesticides<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le b\u00e9mol est que ces pesticides sont inaccessibles du point de vue co\u00fbt, mais aussi rares sur le march\u00e9. \u00ab La solution de la mouche, c\u2019est le traitement. Malheureusement, les produits contre ce parasite sont rares. Le Timaye ou le M3, des produits que l\u2019INERA met \u00e0 notre disposition, sont chers. Un carton de Timaye nous revient \u00e0 75 000 F CFA. Pour un producteur qui a 10 \u00e0 20 hectares avec des milliers de pieds de manguiers, imaginez le nombre de cartons qu\u2019il faut pour contrer la mouche. C\u2019est une fortune. Ce n\u2019est pas accessible \u00e0 tout producteur \u00bb, dit Adjouma Vl\u00e9 Traor\u00e9. En plus des app\u00e2ts alimentaires et sexuels, la recherche a d\u00e9velopp\u00e9 d\u2019autres m\u00e9thodes d\u00e9tourn\u00e9es pour contr\u00f4ler la mouche. Au nombre de ces m\u00e9thodes pour soutenir les producteurs qui sont confront\u00e9s \u00e0 des barri\u00e8res financi\u00e8res, Dr Traor\u00e9 cite les parasito\u00efdes.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"378\" height=\"420\" src=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/5.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-220\" style=\"width:676px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/5.webp 378w, https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/5-270x300.webp 270w\" sizes=\"auto, (max-width: 378px) 100vw, 378px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Plus de 40 esp\u00e8ces de mouches de fruits, aux dires de l\u2019entomologiste, <\/em><br><em>Dr Issaka Zida, <\/em><em>sont recens\u00e9es au Burkina Faso avec seulement sept mouches de <\/em><br><em>la mangue dont deux sont responsables de la destruction de 30 \u00e0 100% de la production.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce sont des fourmis qui parasitent les larves de la mouche pour se d\u00e9velopper. Il y a aussi, indique-t-il, les m\u00e9thodes sanitaires qui consistent \u00e0 d\u00e9truire les mangues d\u00e9j\u00e0 attaqu\u00e9es dans les vergers. \u00ab Ces m\u00e9thodes permettent de rompre le cycle de vie du ravageur tout en favorisant le d\u00e9veloppement de son ennemi naturel afin d\u2019atteindre un \u00e9quilibre \u00e9cologique entre l\u2019ennemi naturel et le ravageur. Avec ces m\u00e9thodes, le producteur n\u2019a plus \u00e0 injecter de l\u2019argent ou perdre du temps pour traiter son verger \u00bb, atteste Dr Issaka Zida. Le souhait de Drissa Traor\u00e9, comme pour l\u2019ensemble des producteurs, est de voir plusieurs gammes de produits homologu\u00e9s contre la mouche de la mangue et \u00e0 des prix<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Sidwaya<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des mangues toujours au stade de leur maturation qui tombent des branches et pourrissent aux&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":216,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[56],"tags":[],"class_list":["post-215","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-agriculture"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/215","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=215"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/215\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":224,"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/215\/revisions\/224"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/216"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=215"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=215"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=215"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}