{"id":2636,"date":"2026-03-05T15:01:43","date_gmt":"2026-03-05T15:01:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.journalapaix.org\/?p=2636"},"modified":"2026-03-05T15:01:43","modified_gmt":"2026-03-05T15:01:43","slug":"province-du-sanguie-lexploitation-artisanale-de-lor-perturbe-lecole","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.journalapaix.org\/?p=2636","title":{"rendered":"Province du Sangui\u00e9 : l\u2019exploitation artisanale de l\u2019or perturbe l\u2019\u00e9cole"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Dans plusieurs localit\u00e9s de la province du Sangui\u00e9 (R\u00e9o), r\u00e9gion de Nando (Koudougou) les sites d\u2019exploitation artisanale de l\u2019or jouxtent les domaines scolaires. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, qui s\u2019amplifie d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e, perturbe le d\u00e9roulement normal des cours en d\u00e9tournant d\u00e9finitivement certains \u00e9l\u00e8ves du chemin de l\u2019\u00e9cole au profit de la qu\u00eate de l\u2019argent. Constat d\u2019un duel entre le m\u00e9tal jaune et l\u2019institution scolaire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mardi 10 f\u00e9vrier 2026. Il est 9 heures \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire publique de N\u00e9biah \u00ab&nbsp;A&nbsp;\u00bb dans la commune de Dassa, province du Sangui\u00e9. A quelques dizaines de m\u00e8tres des salles de classe, le vrombissement continu des concasseurs de roches aurif\u00e8res couvre presque la voix de l\u2019enseignant. Assis au fond de la classe, Olivier Bayili, 12 ans, serre son cahier contre lui. A chaque d\u00e9marrage de machine sur le site d\u2019orpaillage voisin, il l\u00e8ve la t\u00eate, distrait. Derri\u00e8re la cl\u00f4ture de son \u00e9cole, l\u2019orpaillage bat son plein.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans cet environnement o\u00f9 l\u2019odeur de l\u2019argent attire grand monde, l\u2019avenir des \u00e9l\u00e8ves vacille. Selon le directeur de l\u2019\u00e9cole de N\u00e9biah \u00ab&nbsp;A&nbsp;\u00bb, Zach\u00e9e Bationo, lorsqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 en 2023 dans cet \u00e9tablissement, ses d\u00e9buts n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 du tout faciles. \u00ab&nbsp;Mais avec le temps, on finit par s\u2019habituer&nbsp;\u00bb, fait-il savoir. Install\u00e9 depuis 2010, ce site d\u2019orpaillage n\u2019a cess\u00e9 de s\u2019\u00e9tendre&nbsp;: d\u2019abord aux abords de la zone, puis jusqu\u2019\u00e0 fr\u00f4ler l\u2019enceinte de l\u2019\u00e9tablissement. Aujourd\u2019hui, la poussi\u00e8re, le bruit et l\u2019agitation font partie du quotidien des \u00e9l\u00e8ves et des enseignants.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"630\" height=\"420\" src=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/3-1-630x420-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2638\" style=\"width:821px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/3-1-630x420-1.jpg 630w, https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/3-1-630x420-1-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 630px) 100vw, 630px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Sur ce site \u00e0 Poa, plus de 50 broyeuses et moulins \u00e9crasent le minerai dans un tintamarre indescriptible.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 15h26, nous sommes \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire publique de Poa \u00ab&nbsp;A&nbsp;\u00bb \u00e0 Kyon, une commune voisine de Dassa. Les machines tournent \u00e0 plein r\u00e9gime sur le site d\u2019orpaillage non loin de l\u2019\u00e9cole. Des femmes, en file indienne, transportent de l\u2019eau dans des bidons, \u00e0 v\u00e9lo ou \u00e0 charrette en direction du site de traitement de minerai. Amed Zida, le directeur de l\u2019\u00e9cole et titulaire de la classe de CM2 constate que son effectif n\u2019est pas au complet. Sur 37 \u00e9l\u00e8ves, 32 sont pr\u00e9sents. Parmi les absents, Gilbert Dango que nous retrouverons quelques minutes plus tard sur le site.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le candidat au CEP est \u00e0 l\u2019\u0153uvre sur le dispositif de lavage de minerai aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019un orpailleur. Il est 18 heures. Une cinquantaine de moulins et de broyeuses sont en marche et les voix sont \u00e0 peine audibles. La broyeuse \u00e9crase l\u2019\u00e9quivalent d\u2019une barrique de roches aurif\u00e8res en une 1h45mn. D\u2019un co\u00fbt d\u2019environ 3 500 000 FCFA, elle transforme le mimerai en poudre qui sera ensuite lav\u00e9e pour extraire l\u2019or. \u00ab&nbsp;Ici on travaille \u00e0 plein temps. De jour comme de nuit, les machines fonctionnent tant qu\u2019il y a des blocs de cailloux&nbsp;\u00bb, lance l\u2019orpailleur, Oumarou Bado qui acc\u00e9l\u00e8re le rythme de la broyeuse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme Olivier Bayili \u00e0 Dassa et Gilbert Dango \u00e0 Kyon, ils sont nombreux dans la province du Sangui\u00e9, r\u00e9gion de Nando, les \u00e9l\u00e8ves qui subissent l\u2019influence n\u00e9gative de la proximit\u00e9 de l\u2019orpaillage avec les domaines scolaires. Les \u00e9coles visit\u00e9es partagent le m\u00eame quotidien : des bruits de machines \u00e0 casser les tympans, des nuages de poussi\u00e8re, des travers\u00e9es intempestives des domaines scolaires par les orpailleurs \u2026 L\u2019\u00e9cole de Baporo \u00ab&nbsp;A&nbsp;\u00bb partage ces r\u00e9alit\u00e9s. Dans cet \u00e9tablissement, il est difficile de connaitre la limite entre le domaine scolaire et le site d\u2019orpaillage.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"630\" height=\"420\" src=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1-9-630x420-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2639\" style=\"width:840px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1-9-630x420-1.jpg 630w, https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1-9-630x420-1-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 630px) 100vw, 630px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Selon le directeur de Baporo \u00ab A \u00bb, Bakari Dao, depuis l\u2019installation du<\/em><br><em>site \u00e0 proximit\u00e9 de son \u00e9cole, les activit\u00e9s p\u00e9dagogiques connaissent des<\/em><br><em>perturbations de tous genres.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De l\u2019avis du directeur de cette \u00e9cole, Bakari Dao, depuis l\u2019installation des \u00ab&nbsp;chercheurs d\u2019or&nbsp;\u00bb \u00e0 proximit\u00e9 de son \u00e9cole, les activit\u00e9s p\u00e9dagogiques connaissent des perturbations de tous genres. \u00ab&nbsp;Les orpailleurs traversent la cour avec des motos, faisant beaucoup de bruit. Ils viennent faire leurs besoins dans les toilettes de l\u2019\u00e9cole. Certains d\u00e9f\u00e8quent \u00e0 l\u2019air libre une fois la nuit tomb\u00e9e, occasionnant des odeurs insupportables pour les enseignants et les \u00e9l\u00e8ves&nbsp;\u00bb, d\u00e9plore-t-il.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">57 abandons en 2024-2025<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Catherine Bazi\u00e9, professeur certifi\u00e9 des \u00e9coles, \u00e9galement en poste \u00e0 Baporo, affirme que le soir apr\u00e8s les cours, des \u00e9l\u00e8ves se rendent directement sur le site pour des petits boulots leur permettant de gagner de l\u2019argent. Ils rentrent tard chez eux, poursuit l\u2019institutrice, fatigu\u00e9s, si bien qu\u2019ils reviennent toujours avec les exercices de maison non trait\u00e9s. De plus, regrette-t-elle, ils passent le temps \u00e0 dormir en classe et ne suivent plus correctement les le\u00e7ons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sur le site de Poa dans la commune de Kyon, le bidon de 20 litres d\u2019eau coute entre 200 et 300 F CFA. Pour le concassage de cailloux en petits morceaux, l\u2019\u00e9quivalent d\u2019un sac de 50 kg de riz rapporte 2 000 \u00e0 2 500 F CFA. \u00ab&nbsp;Ces menus contrats font que nos \u00e9l\u00e8ves abandonnent les cours pour les sites d\u2019orpaillage&nbsp;\u00bb, constate Amed Zida, directeur de l\u2019\u00e9cole Poa \u00ab&nbsp;A&nbsp;\u00bb \u00e0 Kyon, impuissant face \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9vastateur de l\u2019\u00e9ducation.<br>Dans plusieurs \u00e9coles visit\u00e9es, des enseignants t\u00e9moignent de cas d\u2019absent\u00e9isme et m\u00eame d\u2019abandon scolaire li\u00e9s \u00e0 l\u2019orpaillage.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"630\" height=\"420\" src=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/7-630x420-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2640\" style=\"width:812px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/7-630x420-1.jpg 630w, https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/7-630x420-1-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 630px) 100vw, 630px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Le DPEPPNF du Sangui\u00e9, Bapian Yo : \u00ab Dans certaines \u00e9coles, des \u00e9l\u00e8ves<\/em><br><em>viennent en classe avec des marteaux dans leurs sacs pour rejoindre les<\/em><br><em>sites \u00e0 midi \u00bb.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces adolescents, attir\u00e9s par la perspective de gains rapides, finissent par d\u00e9laisser les bancs pour rejoindre les sites d\u2019exploitation. L\u2019an dernier, l\u2019\u00e9cole de Poa, selon son directeur, a enregistr\u00e9 57 abandons et \u00e0 notre passage 23 \u00e9l\u00e8ves ont d\u00e9j\u00e0 d\u00e9croch\u00e9. Firmin Bazi\u00e9, Chef de la circonscription d\u2019\u00e9ducation de base (CCEB) de Kyon indique qu\u2019en plus de l\u2019\u00e9cole de Poa \u00ab&nbsp;A&nbsp;\u00bb, sept autres \u00e9coles dont celles de Sepoado et de N\u00e9garpoulou \u00ab&nbsp;B&nbsp;\u00bb sont touch\u00e9es par le ph\u00e9nom\u00e8ne. Il explique qu\u2019un \u00e9l\u00e8ve, qui a abandonn\u00e9 l\u2019\u00e9cole et a r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019acheter une moto gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019orpaillage, exerce une influence consid\u00e9rable sur ses anciens camarades, chaque fois qu\u2019il revient parader dans son ex-\u00e9cole.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les jours suivants, soutient-il, les effectifs chutent. En venant patiner dans le domaine scolaire et exhiber sa moto, il arrive, selon l\u2019inspecteur, \u00e0 s\u00e9duire les autres \u00e9l\u00e8ves tent\u00e9s de le rejoindre sur les sites. L\u2019enl\u00e8vement des filles en vue de mariage constitue un autre casse-t\u00eate. \u00ab&nbsp;En 2025, \u00e0 l\u2019approche de l\u2019examen du CEP, une des candidates a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9e par un orpailleur. Toutes nos d\u00e9marches pour faire entendre raison \u00e0 celle-ci sont rest\u00e9es vaines. Nous avons d\u00fb recourir \u00e0 la gendarmerie pour qu\u2019elle puisse revenir composer \u00bb, se souvient-il.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"630\" height=\"420\" src=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/6-630x420-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2641\" style=\"width:795px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/6-630x420-1.jpg 630w, https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/6-630x420-1-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 630px) 100vw, 630px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Cath\u00e9rine Bazi\u00e9, professeur certifi\u00e9 des \u00e9coles, confie qu\u2019\u00e0 Baporo, le soir<\/em><br><em>apr\u00e8s les cours, certains \u00e9l\u00e8ves vont faire de petits boulots sur le site et<\/em><br><em>reviennent avec des exercices de maison non trait\u00e9s.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ces zones, la pauvret\u00e9 pousse parfois les familles \u00e0 tol\u00e9rer, sinon encourager la pr\u00e9sence des enfants sur les sites d\u2019orpaillage. Certains parents esp\u00e8rent que leurs enfants rapporteront de l\u2019argent \u00e0 la maison, surtout lorsque les ressources familiales sont limit\u00e9es. Le chef de la CEB de Dassa, P\u00e9bo\u00e9 Bationo, rapporte les propos d\u2019une m\u00e8re&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019enfant du voisin, de m\u00eame \u00e2ge que mon fils est revenu de l\u2019orpaillage avec une moto neuve et a remis 500 000 F CFA pour la construction d\u2019une maison \u00e0 sa m\u00e8re. Le mien traine toujours \u00e0 l\u2019\u00e9cole, attendant des lendemains incertains \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00ab&nbsp;Des marteaux dans les sacs&nbsp;\u00bb<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon le Directeur provincial de l\u2019\u00e9ducation pr\u00e9scolaire, primaire et non formelle (DPEPPNF) du Sangui\u00e9, Bapian Yo, une vingtaine d\u2019\u00e9coles subissent cette influence n\u00e9gative et des milliers d\u2019\u00e9l\u00e8ves sont touch\u00e9s par le ph\u00e9nom\u00e8ne dans les communes de Dassa, Kyon, Pouni, R\u00e9o, T\u00e9nado, Zamo et Zawara. Il fait part de son inqui\u00e9tude face au constat sur le terrain&nbsp;: \u00ab&nbsp;Dans certaines \u00e9coles, des \u00e9l\u00e8ves viennent en classe avec des marteaux dans leurs sacs dans le but de rejoindre les sites \u00e0 la pause \u00e0 midi pour aller concasser les roches contre de l\u2019argent&nbsp;\u00bb. Hormis le fait que le marteau est un \u00ab&nbsp;outil pr\u00e9disposant \u00e0 la violence&nbsp;\u00bb, rel\u00e8ve M. Yo, l\u2019enfant est press\u00e9 de sortir pour aller faire ses petits contrats en vue d\u2019avoir de l\u2019argent, si bien qu\u2019il n\u2019est pas concentr\u00e9 pour suivre les cours. A l\u2019entendre, le maque de cantine dans les \u00e9coles \u00e9galement encourage davantage les \u00e9l\u00e8ves \u00e0 aller sur les sites. La pause de midi, foi du DPEPPNF, co\u00efncide avec l\u2019heure du repas chez les orpailleurs.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">El\u00e8ves et enseignants expos\u00e9s aux maladies<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour sa part, le Directeur r\u00e9gional de la sant\u00e9 (DRS) de Nando, Dr Mohamed Karl Anicet Kpoda, fait savoir que la proximit\u00e9 d\u2019un site d\u2019orpaillage avec une \u00e9cole a des cons\u00e9quences n\u00e9fastes sur la sant\u00e9. \u00ab&nbsp;Le bruit constant des machines ne perturbe pas seulement les cours, il affecte aussi la sant\u00e9 auditive des \u00e9l\u00e8ves et des enseignants&nbsp;\u00bb, souligne-t-il. Il ajoute que l\u2019utilisation des produits chimiques dangereux comme le cyanure, le mercure sur le site expose la communaut\u00e9 \u00e9ducative et cela est encore plus dangereux pour les enfants dont le syst\u00e8me immunitaire est encore fragile.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;L\u2019inhalation de la suspension poussi\u00e9reuse permanente sur les sites peuvent entrainer la silicose et les bronchites chroniques, dont le traitement est tr\u00e8s long et tr\u00e8s couteux&nbsp;\u00bb, informe Dr Kpoda. A cela&nbsp;, il ajoute les brulures de peaux li\u00e9es au contact avec les substances chimiques et la transmission d\u2019infections sexuellement transmissibles et du VIH.<br>Certains parents d\u2019\u00e9l\u00e8ves ont pris conscience de l\u2019impact n\u00e9gatif de l\u2019orpaillage sur l\u2019\u00e9ducation des enfants et tentent d\u2019y faire face. C\u2019est le cas de Damas Bayili, pr\u00e9sident du conseil de l\u2019\u00e9cole de N\u00e9biah. \u00ab&nbsp;Je m\u2019assois entre l\u2019\u00e9cole et le site d\u2019orpaillage les jours de classe pour emp\u00eacher les \u00e9l\u00e8ves d\u2019y aller.&nbsp;Nous avons dit aux orpailleurs que la pr\u00e9sence des \u00e9l\u00e8ves est interdite sur le site&nbsp;\u00bb, soutient-il.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais \u00e0 Poa, la sensibilisation se noie dans les bruits des machines. Oumarou Bado, exploitant minier, a fait l\u2019am\u00e8re exp\u00e9rience. Un jour, alors qu\u2019il essayait de convaincre un orpailleur de ne plus admettre des \u00e9l\u00e8ves pour travailler, ce dernier lui aurait signifi\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Apr\u00e8s l\u2019\u00e9cole et l\u2019aventure rien n\u2019a march\u00e9 pour toi. Finalement tu es devenu orpailleur&nbsp;\u00bb.<br>De l\u2019avis de Pierre Zouma, chef de la circonscription de Zawara, tous les efforts entrepris pour pr\u00e9server le domaine scolaire \u00e0 Baporo sont rest\u00e9s comme un coup d\u2019\u00e9p\u00e9e dans l\u2019eau. Les orpailleurs, dit-il, ne semblent pr\u00e9occup\u00e9s que par l\u2019argent de l\u2019or. Mais pour lui, ces derniers ne doivent pas le faire au d\u00e9triment de la sant\u00e9 des \u00e9l\u00e8ves et de leurs encadreurs.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">D\u00e9guerpir pour sauver l\u2019\u00e9cole<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Face \u00e0 la situation, le gouverneur de la r\u00e9gion de Nando, Adama Jean Yves B\u00e9r\u00e9, a d\u00e9cid\u00e9 de prendre le taureau par les cornes. Il affirme que des instructions ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es aux pr\u00e9fets Pr\u00e9sident des d\u00e9l\u00e9gations sp\u00e9ciales (PDS) des communes de mener des s\u00e9ances de sensibilisation. Les hauts-commissaires ont \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9s et des sorties ont eu lieu r\u00e9cemment sur le terrain dans la province du Sangui\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"630\" height=\"420\" src=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/8-630x420-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2642\" style=\"width:791px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/8-630x420-1.jpg 630w, https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/8-630x420-1-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 630px) 100vw, 630px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Pour le gouverneur de la r\u00e9gion de Nando, Adama Jean-Yves B\u00e9r\u00e9, apr\u00e8s<\/em><br><em>la sensibilisation, les orpailleurs qui refusent de partir seront d\u00e9guerpis.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Apr\u00e8s tout cela, si les orpailleurs n\u2019obtemp\u00e8rent pas, nous proc\u00e9derons \u00e0 un d\u00e9guerpissement forc\u00e9&nbsp;\u00bb, pr\u00e9vient-il. Pour lui, le domaine scolaire doit \u00eatre prot\u00e9g\u00e9 \u00e0 tout prix, afin de garantir une s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et une tranquillit\u00e9 n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019apprentissage aux \u00e9l\u00e8ves. A \u00e9couter l\u2019administrateur civil, la difficult\u00e9 majeure reste l\u2019insuffisance de ressources puisqu\u2019il faut mobiliser des hommes et de la logistique pour veiller sur le terrain pendant un certain temps afin d\u2019emp\u00eacher les orpailleurs de revenir sur les lieux.<br>La protection du domaine scolaire est une urgence absolue, estime le pr\u00e9sident du conseil de Baporo \u00ab&nbsp;A&nbsp;\u00bb, Drissa Sakand\u00e9, qui pense que le d\u00e9guerpissement reste la seule solution si l\u2019on veut sauver l\u2019\u00e9ducation des enfants au Sangui\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Sidwaya<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans plusieurs localit\u00e9s de la province du Sangui\u00e9 (R\u00e9o), r\u00e9gion de Nando (Koudougou) les sites&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":2637,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[44],"tags":[],"class_list":["post-2636","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-education-actualite"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2636","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2636"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2636\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2643,"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2636\/revisions\/2643"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2637"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2636"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2636"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2636"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}