{"id":4141,"date":"2026-08-24T09:33:03","date_gmt":"2026-08-24T09:33:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.journalapaix.org\/?p=4141"},"modified":"2026-08-24T09:57:58","modified_gmt":"2026-08-24T09:57:58","slug":"tourisme-africain-cote-divoire-senegal-burkina-faso-et-maroc-obstacles-et-potentiel-economique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.journalapaix.org\/?p=4141","title":{"rendered":"Tourisme africain : C\u00f4te d\u2019Ivoire, S\u00e9n\u00e9gal, Burkina Faso et Maroc, obstacles et potentiel \u00e9conomique"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Afrique a accueilli 81 millions de touristes internationaux en 2025, soit 8 % de plus qu\u2019en 2024 et la plus forte progression enregistr\u00e9e sur la plan\u00e8te cette ann\u00e9e-l\u00e0, selon le Barom\u00e8tre du tourisme mondial publi\u00e9 par ONU Tourisme le 21 janvier 2026. Ce record continental recouvre pourtant des trajectoires sans commune mesure : le Maroc a fr\u00f4l\u00e9 les 20 millions de visiteurs quand le Burkina Faso en comptait 138 803 venus de l\u2019\u00e9tranger, la C\u00f4te d\u2019Ivoire revendique 8,7 % de son produit int\u00e9rieur brut et le S\u00e9n\u00e9gal ne parvient toujours pas \u00e0 \u00e9tablir un chiffre de fr\u00e9quentation qui fasse consensus.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le tourisme africain progresse donc plus vite que le tourisme mondial, qui a atteint 1,52 milliard d\u2019arriv\u00e9es en 2025 avec une hausse de 4 %. Mais la croissance se concentre au nord du Sahara. Cet article compare quatre march\u00e9s que tout oppose en volume et que presque tout rapproche en mati\u00e8re d\u2019obstacles : la C\u00f4te d\u2019Ivoire, le S\u00e9n\u00e9gal, le Burkina Faso et le Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>O\u00f9 en est le tourisme africain apr\u00e8s une ann\u00e9e 2025 record ?<\/strong><br>Les 81 millions d\u2019arriv\u00e9es internationales du tourisme africain enregistr\u00e9es sur le continent en 2025 repr\u00e9sentent un peu plus de 5 % du total mondial. Rapport\u00e9 au poids d\u00e9mographique du continent, l\u2019\u00e9cart avec les grandes zones r\u00e9ceptrices reste consid\u00e9rable. ONU Tourisme situe la croissance africaine \u00e0 8 %, devant l\u2019Asie-Pacifique (6 %), l\u2019Europe (4 %), le Moyen-Orient (3 %) et les Am\u00e9riques (1 %).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l\u2019int\u00e9rieur du continent, l\u2019Afrique du Nord a tir\u00e9 la progression avec 11 % d\u2019arriv\u00e9es suppl\u00e9mentaires. L\u2019\u00c9gypte affiche 20 % de hausse, le Maroc 14 %, les Seychelles 13 %. C\u00f4t\u00e9 recettes, le Maroc grimpe de 19 %, l\u2019\u00c9gypte de 17 %, Maurice de 10 %. Les recettes touristiques mondiales ont atteint 1 900 milliards de dollars, en hausse de 5 %.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC) \u00e9valuait la contribution du secteur au produit int\u00e9rieur brut africain \u00e0 186 milliards de dollars en 2019, soit environ 7 % de la richesse produite sur le continent, pour 25 millions d\u2019emplois. Dans son rapport \u00ab Unlocking opportunities for Travel &amp; Tourism growth in Africa \u00bb publi\u00e9 le 2 novembre 2023, l\u2019organisation projetait 168 milliards de dollars suppl\u00e9mentaires et 18 millions d\u2019emplois cr\u00e9\u00e9s sur une d\u00e9cennie, avec une croissance annuelle de 5,1 %, soit pr\u00e8s du double du rythme de l\u2019\u00e9conomie africaine dans son ensemble.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces projections datent de 2023 et n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 actualis\u00e9es publiquement avec les r\u00e9sultats de 2025. Elles restent la r\u00e9f\u00e9rence la plus cit\u00e9e d\u00e8s qu\u2019il s\u2019agit de chiffrer le potentiel du tourisme africain, y compris \u00e0 Abidjan et \u00e0 Dakar.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Pourquoi le Maroc domine-t-il le tourisme africain ?<\/strong><br>Le royaume a accueilli environ 19,8 millions de visiteurs en 2025 et engrang\u00e9 138 milliards de dirhams de recettes en devises, en progression de 21 % sur un an. Le chiffre a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 par le minist\u00e8re du Tourisme, de l\u2019Artisanat et de l\u2019\u00c9conomie sociale et solidaire fin janvier 2026, sur la base des donn\u00e9es de l\u2019Office des changes. Il d\u00e9passe de 18 milliards l\u2019objectif de 120 milliards de dirhams que la feuille de route 2023-2026 avait fix\u00e9 pour l\u2019horizon 2026.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"402\" src=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/AA2aLGed.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4148\" srcset=\"https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/AA2aLGed.png 768w, https:\/\/www.journalapaix.org\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/AA2aLGed-300x157.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le royaume concentre ainsi \u00e0 lui seul pr\u00e8s d\u2019un quart des arriv\u00e9es internationales du tourisme africain. Le tourisme int\u00e9rieur p\u00e8se lourd dans ce r\u00e9sultat : les Marocains ont d\u00e9pens\u00e9 environ 48 milliards de dirhams en voyages sur leur propre territoire en 2025. Aucun des trois pays ouest-africains \u00e9tudi\u00e9s ici ne publie de donn\u00e9es comparables sur la d\u00e9pense domestique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Fatim-Zahra Ammor, ministre du Tourisme, de l\u2019Artisanat et de l\u2019\u00c9conomie sociale et solidaire, a r\u00e9sum\u00e9 la lecture officielle du bilan en d\u00e9clarant que le secteur cro\u00eet \u00ab non uniquement en volume \u00bb mais g\u00e9n\u00e8re \u00ab de plus en plus de valeur \u00bb. La formule renvoie \u00e0 la recette moyenne par visiteur, en hausse plus rapide que le nombre d\u2019arriv\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Combien d\u2019emplois le tourisme africain fait-il vivre au Maroc ?<\/strong><br>Le minist\u00e8re marocain a annonc\u00e9 le 16 mars 2026 un total de 894 000 emplois directs dans le tourisme en 2025. Depuis 2022, 92 000 postes auraient \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s, alors que la feuille de route 2023-2026 en visait 80 000 d\u2019ici la fin 2026. L\u2019objectif a donc \u00e9t\u00e9 atteint avec un an d\u2019avance, selon le d\u00e9compte du minist\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il n\u2019existe pas, \u00e0 la date de publication de cet article, d\u2019audit ind\u00e9pendant de ce chiffre par le Haut-Commissariat au Plan marocain. La m\u00e9thodologie de comptage des emplois directs n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 rendue publique dans le d\u00e9tail.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Que change la Coupe du monde 2030 pour le tourisme au Maroc ?<\/strong><br>Le Maroc dispose aujourd\u2019hui d\u2019environ 300 000 lits h\u00f4teliers et pr\u00e9voit d\u2019en ajouter 60 000 d\u2019ici 2030, pour d\u00e9passer les 360 000. Sur les quatre derni\u00e8res ann\u00e9es, 45 000 lits ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 mis en service. Plus de 190 milliards de dirhams sont fl\u00e9ch\u00e9s vers les infrastructures : lignes ferroviaires, r\u00e9seau routier, modernisation a\u00e9roportuaire, stades et am\u00e9nagements urbains. La cible affich\u00e9e est de 26 millions de touristes en 2030.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Fatim-Zahra Ammor a pr\u00e9cis\u00e9 en juillet 2026 la doctrine du gouvernement : \u00ab Nous envisageons la Coupe du monde 2030 comme un acc\u00e9l\u00e9rateur, et non comme une fin en soi. \u00bb Bank Al-Maghrib, la banque centrale, table de son c\u00f4t\u00e9 sur 161 milliards de dirhams de recettes touristiques en 2027.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le paradoxe du leader du tourisme africain tient dans un classement. Malgr\u00e9 ces performances, le royaume ne figure qu\u2019au 82e rang mondial de l\u2019indice de d\u00e9veloppement du voyage et du tourisme du Forum \u00e9conomique mondial, \u00e9dition 2024. Le volume d\u2019arriv\u00e9es ne dit rien de la qualit\u00e9 de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me, des conditions de travail ou de la valorisation des ressources naturelles, trois compartiments o\u00f9 le rapport situe la r\u00e9gion Moyen-Orient et Afrique du Nord en dessous de la moyenne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Les 8,7 % du PIB annonc\u00e9s par la C\u00f4te d\u2019Ivoire r\u00e9sistent-ils \u00e0 l\u2019examen ?<\/strong><br>Le minist\u00e8re ivoirien du Tourisme et des Loisirs avance des chiffres qui feraient de la C\u00f4te d\u2019Ivoire l\u2019une des \u00e9conomies les plus intenses du tourisme africain : 6,7 millions de visiteurs, plus de 1 100 milliards de francs CFA de recettes, 8,7 % du produit int\u00e9rieur brut et 675 000 emplois directs et indirects. Ces donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es le 21 juillet 2026 par Christian Bohouman, directeur de la Communication du minist\u00e8re, lors d\u2019une tribune du Centre d\u2019information et de communication gouvernementale \u00e0 Abidjan.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Deux jours plus tard, le 23 juillet 2026, Fabrice Lago, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral adjoint charg\u00e9 de l\u2019Emploi des jeunes et de l\u2019Entrepreneuriat au PPA-CI, adressait une lettre ouverte au ministre. Son objection porte sur trois points. D\u2019abord un \u00e9cart de 115 000 unit\u00e9s entre les 675 000 emplois annonc\u00e9s en juin 2026 et les 560 000 mentionn\u00e9s dans une communication ant\u00e9rieure du m\u00eame minist\u00e8re. Ensuite la confusion entre emplois \u00ab g\u00e9n\u00e9r\u00e9s \u00bb et emplois \u00ab cr\u00e9\u00e9s \u00bb. Enfin le calcul du poids dans le PIB : rapport\u00e9s au produit int\u00e9rieur brut ivoirien, les 1 100 milliards de francs CFA de recettes repr\u00e9senteraient environ 2 % et non 8,7 %, selon ses estimations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le PPA-CI r\u00e9clame la publication de la m\u00e9thodologie, la ventilation entre emplois formels et informels, ainsi que le nombre de postes effectivement d\u00e9clar\u00e9s \u00e0 la Caisse nationale de pr\u00e9voyance sociale. Aucune r\u00e9ponse publique du minist\u00e8re n\u2019a \u00e9t\u00e9 recens\u00e9e \u00e0 la date de r\u00e9daction.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un \u00e9l\u00e9ment corrobore la prudence : la part revendiqu\u00e9e du tourisme dans le PIB ivoirien est pass\u00e9e de 6,5 % en novembre 2025 \u00e0 8,7 % en juillet 2026, sans changement de p\u00e9rim\u00e8tre annonc\u00e9. Le minist\u00e8re pr\u00e9cise que le chiffre mesure une \u00ab empreinte \u00e9conomique \u00bb incluant les effets indirects sur le transport, la restauration et l\u2019h\u00f4tellerie, et non la seule valeur ajout\u00e9e directe. Les deux notions ne sont pas comparables et ne se lisent pas de la m\u00eame fa\u00e7on.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>O\u00f9 en est Sublime C\u00f4te d\u2019Ivoire, la strat\u00e9gie ivoirienne du tourisme africain ?<\/strong><br>Lanc\u00e9 en 2018, le programme pr\u00e9voyait 3 200 milliards de francs CFA d\u2019investissements et visait \u00e0 hisser le pays dans le top 5 des destinations africaines. Siandou Fofana, reconduit au poste de ministre du Tourisme et des Loisirs dans le gouvernement Robert Beugr\u00e9 Mamb\u00e9 form\u00e9 le 23 janvier 2026, en a rappel\u00e9 l\u2019ambition lors d\u2019une rencontre au Sofitel H\u00f4tel Ivoire le 12 juin 2026 : \u00ab Notre ambition est claire : faire de la C\u00f4te d\u2019Ivoire une destination de r\u00e9f\u00e9rence culturelle, \u00e9conomique et \u00e9cologique en Afrique d\u2019ici 2030. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les engagements chiffr\u00e9s annonc\u00e9s \u00e0 cette occasion portent sur la formation et l\u2019insertion de 15 000 jeunes d\u2019ici 2028, la certification de 200 entreprises aux standards internationaux de qualit\u00e9 et la mise en service d\u2019une plateforme num\u00e9rique nationale de r\u00e9servation. Atta Kouakou Jean-Marie, secr\u00e9taire ex\u00e9cutif du Conseil national du tourisme, y a d\u00e9fendu l\u2019id\u00e9e que le tourisme ivoirien n\u2019est plus seulement une affaire de flux de visiteurs ou de nuit\u00e9es mais un instrument d\u2019influence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sur le terrain, les r\u00e9sultats existent. Entre 2011 et 2024, plus de 1 000 \u00e9tablissements h\u00f4teliers ont \u00e9t\u00e9 construits et plus de 20 000 chambres ajout\u00e9es au parc national. La fr\u00e9quentation est pass\u00e9e de 6,3 millions de visiteurs en 2024 \u00e0 6,7 millions en 2025 selon les donn\u00e9es minist\u00e9rielles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Pourquoi la C\u00f4te d\u2019Ivoire reste-t-elle 114e au classement mondial ?<\/strong><br>L\u2019indice de d\u00e9veloppement du voyage et du tourisme du Forum \u00e9conomique mondial, publi\u00e9 en mai 2024, classe la C\u00f4te d\u2019Ivoire au 114e rang mondial. Le pays affiche pourtant la deuxi\u00e8me meilleure progression de la plan\u00e8te depuis 2019, avec 6,4 % de hausse de son score, derri\u00e8re l\u2019Ouzb\u00e9kistan. Progresser vite depuis un niveau bas ne suffit pas \u00e0 changer de cat\u00e9gorie dans le tourisme africain.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la sous-r\u00e9gion, le Ghana devance la C\u00f4te d\u2019Ivoire au 106e rang mondial. En Afrique, l\u2019Afrique du Sud (55e) et Maurice (57e) restent hors d\u2019atteinte \u00e0 court terme. L\u2019objectif du top 5 africain suppose donc de gagner une trentaine de places en quatre ans.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Notre pr\u00e9c\u00e9dente analyse du tourisme ivoirien pointait d\u00e9j\u00e0 quatre freins persistants : une offre h\u00f4teli\u00e8re calibr\u00e9e pour la client\u00e8le d\u2019affaires plut\u00f4t que pour les familles, des liaisons a\u00e9riennes int\u00e9rieures insuffisantes, une notori\u00e9t\u00e9 faible sur les march\u00e9s \u00e9metteurs europ\u00e9ens et am\u00e9ricains, et un retour sur investissement difficile \u00e0 \u00e9tablir malgr\u00e9 l\u2019ampleur des capitaux engag\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le S\u00e9n\u00e9gal compte-t-il ses touristes ou ses passagers ?<\/strong><br>C\u2019est la question qui empoisonne toute analyse du tourisme s\u00e9n\u00e9galais et, plus largement, toute comparaison s\u00e9rieuse \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du tourisme africain. Les chiffres disponibles varient du simple au triple selon la d\u00e9finition retenue et l\u2019organisme qui publie, ce qui fausse toute lecture du tourisme africain \u00e0 l\u2019\u00e9chelle r\u00e9gionale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les statistiques du tourisme africain, le pays a enregistr\u00e9 780 000 arriv\u00e9es internationales en 2023, puis 2,26 millions de visiteurs en 2024, dont 74 % en provenance d\u2019Afrique et 23 % d\u2019Europe. Le passage de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre ne traduit pas un triplement de la fr\u00e9quentation en un an mais un changement de p\u00e9rim\u00e8tre statistique : les arriv\u00e9es aux fronti\u00e8res incluent les voyageurs d\u2019affaires, la diaspora en visite familiale et le transit r\u00e9gional.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une enqu\u00eate ancienne mais jamais d\u00e9mentie, relay\u00e9e par le portail Au S\u00e9n\u00e9gal en d\u00e9cembre 2019, \u00e9tablissait qu\u2019un visiteur sur cinq seulement venait pour un s\u00e9jour de loisirs, un sur quatre pour affaires et 40 % chez des parents ou des amis. Appliqu\u00e9e aux 2,26 millions de 2024, cette r\u00e9partition ram\u00e8nerait le tourisme de loisirs \u00e0 moins de 500 000 personnes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le strat\u00e9giste touristique Babacar Dione, fondateur d\u2019Ecotour et des plateformes \u00ab Pourquoi J\u2019aime Le S\u00e9n\u00e9gal \u00bb et \u00ab Why I Love Senegal \u00bb, a document\u00e9 ces incoh\u00e9rences dans une s\u00e9rie d\u2019analyses publi\u00e9es en mai 2026. Il note que le secteur mobilise l\u2019h\u00f4tellerie, la restauration, le transport, l\u2019artisanat, la culture, le guidage, l\u2019agriculture et la p\u00eache, et qu\u2019il ne peut pas \u00eatre pilot\u00e9 avec des donn\u00e9es partielles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Quels objectifs le S\u00e9n\u00e9gal s\u2019est-il fix\u00e9s ?<\/strong><br>Amadou Ba, ministre de la Culture, de l\u2019Artisanat et du Tourisme, a \u00e9nonc\u00e9 une cible \u00e0 l\u2019horizon 2050 : 3 millions de visiteurs, 10 % du produit int\u00e9rieur brut et 500 000 emplois. Les \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux de la culture, de l\u2019artisanat et du tourisme (EGCAT) ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s le 9 avril 2026 pour b\u00e2tir la strat\u00e9gie correspondante.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le budget du minist\u00e8re pour 2026 s\u2019\u00e9tablit \u00e0 28,35 milliards de francs CFA, en recul de 1,8 % par rapport \u00e0 2025. L\u2019\u00e9cart entre l\u2019ambition affich\u00e9e et les moyens budg\u00e9taires allou\u00e9s reste l\u2019un des points les plus discut\u00e9s par les professionnels s\u00e9n\u00e9galais.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le classement du Forum \u00e9conomique mondial place le S\u00e9n\u00e9gal au 107e rang sur 119 \u00e9conomies \u00e9valu\u00e9es en 2024, soit la 13e position africaine. Sur le plan de la qualification, une donn\u00e9e revient dans les travaux du secteur : environ 3 % seulement des personnels disposeraient d\u2019une qualification touristique certifi\u00e9e, alors que pr\u00e8s de 70 % des postes exigeraient une sp\u00e9cialisation. Ce ratio provient d\u2019analyses sectorielles et n\u2019a pas fait l\u2019objet d\u2019une publication officielle de l\u2019Agence nationale de la statistique et de la d\u00e9mographie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Pourquoi Dakar co\u00fbte-t-elle si cher \u00e0 rejoindre dans le tourisme africain ?<\/strong><br>Le co\u00fbt d\u2019acc\u00e8s a\u00e9rien par passager est estim\u00e9 \u00e0 118 euros pour le S\u00e9n\u00e9gal, contre 59 euros pour la Gambie voisine, 47 euros pour le Cap-Vert et 27 euros pour le Maroc. Sur un march\u00e9 de court s\u00e9jour baln\u00e9aire o\u00f9 la Gambie et le Cap-Vert proposent des produits comparables, un diff\u00e9rentiel de 60 \u00e0 90 euros par passager suffit \u00e0 faire basculer un arbitrage de tour-op\u00e9rateur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le parc h\u00f4telier s\u00e9n\u00e9galais comptait 744 \u00e9tablissements et 18 266 chambres en 2015, derni\u00e8re ann\u00e9e de recensement complet publiquement document\u00e9e. Le taux d\u2019occupation tournait autour de 39 % en 2018. Aucune actualisation exhaustive n\u2019a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e depuis, ce qui complique toute \u00e9valuation de la capacit\u00e9 disponible aujourd\u2019hui \u00e0 Saly, en Casamance ou sur la Petite C\u00f4te.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Comment le Burkina Faso fait-il vivre son tourisme sans visiteurs \u00e9trangers ?<\/strong><br>Dernier des quatre march\u00e9s du tourisme africain \u00e9tudi\u00e9s ici, le Burkina Faso a recens\u00e9 630 379 visiteurs en 2025, dont 491 576 nationaux et 138 803 internationaux. Le tourisme int\u00e9rieur repr\u00e9sente donc 78 % de la fr\u00e9quentation, un cas rare dans le tourisme africain. Les recettes du secteur approchent 100 milliards de francs CFA, dont environ 74 milliards pour les \u00e9tablissements d\u2019h\u00e9bergement et plus de 24 milliards pour les op\u00e9rateurs de voyages et de tourisme, contre 90,3 milliards en 2024. Ces donn\u00e9es proviennent de la Direction g\u00e9n\u00e9rale du tourisme et ont \u00e9t\u00e9 relay\u00e9es d\u00e9but avril 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Burkina Faso illustre ainsi une r\u00e9alit\u00e9 peu document\u00e9e du tourisme africain : un secteur qui tient debout gr\u00e2ce \u00e0 ses r\u00e9sidents. La progression est r\u00e9elle mais elle s\u2019appuie sur une client\u00e8le captive. Un s\u00e9minaire d\u2019entreprise \u00e0 Bobo-Dioulasso, un mariage \u00e0 Ouagadougou ou un d\u00e9placement administratif alimentent le chiffre d\u2019affaires h\u00f4telier sans constituer un flux touristique au sens classique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pingdwend\u00e9 Gilbert Ou\u00e9draogo, ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, a rencontr\u00e9 les d\u00e9put\u00e9s de la commission charg\u00e9e du d\u00e9veloppement durable le 7 ao\u00fbt 2026 pour discuter du tourisme interne et de l\u2019h\u00f4tellerie. Il a pr\u00e9sent\u00e9 le tourisme comme l\u2019un des axes principaux de la strat\u00e9gie nationale de relance du secteur. Les obstacles list\u00e9s lors de cet \u00e9change sont l\u2019accessibilit\u00e9 des sites, la s\u00e9curisation, la mobilisation de financements et la formation professionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Quels sites touristiques burkinab\u00e8 sont concern\u00e9s par l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 ?<\/strong><br>Les zones les plus touch\u00e9es couvrent une part importante du patrimoine naturel et historique du pays : les pics de Sindou et les d\u00f4mes de Fab\u00e9dougou dans les Hauts-Bassins, les cascades de Karfigu\u00e9la et le lac Tengr\u00e9la dans les Cascades, les ruines de Lorop\u00e9ni class\u00e9es au patrimoine mondial de l\u2019Unesco et la grotte de Di\u00e9bougou dans le Sud-Ouest.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une enqu\u00eate du quotidien Sidwaya publi\u00e9e en janvier 2020 documentait d\u00e9j\u00e0 l\u2019ampleur du d\u00e9crochage : les pics de Sindou accueillaient 3 000 \u00e0 4 000 touristes par an avant l\u2019arr\u00eat des visites pendant plus de trois mois, les d\u00f4mes de Fab\u00e9dougou perdaient 70 % de leur fr\u00e9quentation, un campement du lac Tengr\u00e9la passait du complet \u00e0 moins de quatre clients par mois, et le taux d\u2019occupation h\u00f4teli\u00e8re r\u00e9gional chutait de 50 \u00e0 70 %.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces mesures ont plus de six ans. Aucune enqu\u00eate de terrain d\u2019ampleur \u00e9quivalente n\u2019a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e depuis sur ces m\u00eames sites, ce qui emp\u00eache de dire si la situation s\u2019est stabilis\u00e9e, aggrav\u00e9e ou am\u00e9lior\u00e9e site par site. C\u2019est l\u2019une des zones d\u2019ombre les plus g\u00eanantes de ce dossier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Que vise le Burkina Faso dans le tourisme africain avec le SITHO 2026 ?<\/strong><br>La 26e \u00e9dition du Salon international du tourisme et de l\u2019h\u00f4tellerie de Ouagadougou se tiendra du 22 au 27 septembre 2026 au parc d\u2019expositions du SIAO, sur le th\u00e8me \u00ab Financement des projets structurants : un levier pour le d\u00e9veloppement du tourisme \u00bb. Les organisateurs attendent 500 exposants, 50 000 visiteurs et dix pays participants. Le Mali et le Niger sont les invit\u00e9s d\u2019honneur, la r\u00e9gion du Gourma est la r\u00e9gion \u00e0 l\u2019honneur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">B\u00e8tamou Fid\u00e8le Aymar Tamini pr\u00e9side le comit\u00e9 d\u2019organisation, aux c\u00f4t\u00e9s de Souma\u00efla Kagon\u00e9, directeur g\u00e9n\u00e9ral de Faso Tourisme, et d\u2019H\u00e9l\u00e8ne Sebogo, directrice du marketing et de la communication. L\u2019objectif affich\u00e9 par les organisateurs est de faire du SITHO le deuxi\u00e8me salon touristique d\u2019Afrique. Aucun classement ind\u00e9pendant des salons touristiques africains ne permet actuellement de v\u00e9rifier cette position.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le choix du Mali et du Niger comme invit\u00e9s d\u2019honneur prolonge sur le terrain touristique le rapprochement des trois \u00c9tats de l\u2019Alliance des \u00c9tats du Sahel. Reste \u00e0 savoir si une client\u00e8le malienne et nig\u00e9rienne peut compenser, en volume comme en d\u00e9pense moyenne, l\u2019absence des march\u00e9s europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Combien d\u2019emplois le tourisme cr\u00e9e-t-il vraiment dans ces quatre pays ?<\/strong><br>La comparaison des emplois du tourisme africain est instructive et frustrante \u00e0 la fois. Le Maroc annonce 894 000 emplois directs pour 19,8 millions de visiteurs. La C\u00f4te d\u2019Ivoire revendique 675 000 emplois directs et indirects pour 6,7 millions de visiteurs. Le S\u00e9n\u00e9gal projette 500 000 emplois \u00e0 l\u2019horizon 2050. Le Burkina Faso ne publie pas de chiffre d\u2019emploi consolid\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les p\u00e9rim\u00e8tres diff\u00e8rent au point de rendre l\u2019exercice hasardeux. Le Maroc compte des emplois directs, la C\u00f4te d\u2019Ivoire additionne direct et indirect, le S\u00e9n\u00e9gal parle d\u2019une cible \u00e0 trente ans. Un lecteur qui rapprocherait 894 000 et 675 000 conclurait \u00e0 tort que les deux pays sont proches en intensit\u00e9 d\u2019emploi touristique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le rapport 2024 du Forum \u00e9conomique mondial apporte un \u00e9clairage utile sur l\u2019Afrique subsaharienne : la r\u00e9gion obtient le meilleur score mondial en mati\u00e8re d\u2019impact socio-\u00e9conomique du tourisme, avec plus de 21 % d\u2019emplois g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par poste direct au-dessus de la moyenne mondiale, et plus de 43 % des emplois du secteur consid\u00e9r\u00e9s comme correctement r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s. Le multiplicateur d\u2019emploi du tourisme africain est donc r\u00e9el. C\u2019est le volume de d\u00e9part qui reste faible.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La m\u00eame \u00e9tude rel\u00e8ve que l\u2019Afrique subsaharienne enregistre le score le plus bas au monde pour la priorisation gouvernementale du tourisme, avec un recul de 9,8 % depuis 2019. Les discours minist\u00e9riels et les arbitrages budg\u00e9taires ne racontent pas la m\u00eame histoire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Pourquoi voyager en Afrique de l\u2019Ouest co\u00fbte-t-il si cher ?<\/strong><br>Le transport a\u00e9rien p\u00e8se lourd dans le prix du tourisme africain. Les redevances a\u00e9roportuaires et taxes pr\u00e9lev\u00e9es en Afrique de l\u2019Ouest d\u00e9passent fr\u00e9quemment 100 dollars par passager, selon l\u2019Association internationale du transport a\u00e9rien, contre une moyenne de 40 dollars aux \u00c9tats-Unis en 2023. Sur un billet r\u00e9gional de 300 dollars, la fiscalit\u00e9 peut ainsi repr\u00e9senter le tiers du prix pay\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Cedeao a confirm\u00e9 en d\u00e9cembre 2025 la suppression des taxes sur le transport a\u00e9rien intrar\u00e9gional et une r\u00e9duction de 25 % des redevances passagers et de s\u00fbret\u00e9, applicables au 1er janvier 2026. La d\u00e9cision remonte au sommet d\u2019Abuja de d\u00e9cembre 2024. Certaines projections relay\u00e9es dans la presse r\u00e9gionale \u00e9voquent une baisse pouvant atteindre 40 % du prix des billets intrar\u00e9gionaux, chiffre qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 par un document officiel de la Commission de la Cedeao et qui reste \u00e0 v\u00e9rifier sur les tarifs r\u00e9ellement pratiqu\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un m\u00e9canisme r\u00e9gional de suivi \u00e9conomique du transport a\u00e9rien doit accompagner la mise en \u0153uvre. Aucun premier bilan chiffr\u00e9 n\u2019a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 \u00e0 ce jour, alors que la mesure est entr\u00e9e en vigueur il y a pr\u00e8s de huit mois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La connectivit\u00e9 a\u00e9rienne ivoirienne suit-elle le tourisme africain ?<\/strong><br>L\u2019a\u00e9roport F\u00e9lix-Houphou\u00ebt-Boigny d\u2019Abidjan a trait\u00e9 2 551 915 passagers en 2025, contre 2 535 451 en 2024 et 935 130 en 2020, ann\u00e9e de la pand\u00e9mie. La plateforme dessert 41 destinations internationales et a enregistr\u00e9 33 228 mouvements d\u2019appareils en 2025. Elle est devenue en 2024 le premier a\u00e9roport africain accr\u00e9dit\u00e9 au niveau 4+ Transition du programme Airport Carbon Accreditation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Air C\u00f4te d\u2019Ivoire exploitait 12 appareils et visait 18 d\u2019ici 2031, pour 35 destinations dont 6 intercontinentales. La compagnie a obtenu un pr\u00eat de 76,6 millions de dollars de la Banque arabe pour le d\u00e9veloppement \u00e9conomique en Afrique et 30 milliards de francs CFA de la Banque ouest-africaine de d\u00e9veloppement, destin\u00e9s \u00e0 financer deux Airbus A330-900neo de 242 si\u00e8ges pour desservir Paris, Londres, Gen\u00e8ve, Beyrouth, New York et Washington.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces engagements datent de mai 2025. L\u2019\u00e9tat d\u2019avancement des livraisons et l\u2019ouverture effective des lignes nord-am\u00e9ricaines n\u2019ont pas fait l\u2019objet d\u2019une communication publique r\u00e9cente et v\u00e9rifiable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le visa reste-t-il le premier obstacle au tourisme intra-africain ?<\/strong><br>L\u2019indice d\u2019ouverture sur les visas publi\u00e9 par la Banque africaine de d\u00e9veloppement et l\u2019Union africaine situe la moyenne continentale \u00e0 0,448 en 2025. Les dix pays les plus ouverts atteignent 0,890, les vingt premiers 0,781. L\u2019\u00e9cart entre le haut et le bas du classement raconte \u00e0 lui seul la fragmentation du march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La part des situations o\u00f9 un Africain peut entrer sans visa dans un autre pays africain est pass\u00e9e de 20 % en 2016 \u00e0 28 % en 2025. Le visa \u00e9lectronique a progress\u00e9 de neuf pays en 2016 \u00e0 trente et un aujourd\u2019hui. Mais le visa \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e a recul\u00e9, de 28 % des cas en 2020 \u00e0 20 % en 2025, et l\u2019obligation de visa pr\u00e9alable n\u2019a baiss\u00e9 que de 55 % \u00e0 51 %. Autrement dit, la d\u00e9mat\u00e9rialisation avance pendant que la facilitation \u00e0 la fronti\u00e8re recule.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Rwanda et la Gambie ont atteint l\u2019ouverture compl\u00e8te sur la d\u00e9cennie. Le Burkina Faso figure parmi les pays dont le score a progress\u00e9 en 2025, aux c\u00f4t\u00e9s du Kenya, de l\u2019\u00c9rythr\u00e9e, de la Guin\u00e9e \u00e9quatoriale, de la Zambie, du Mozambique, de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, du Botswana, du Mali, de l\u2019\u00c9gypte et de la Tanzanie. Le Togo a annonc\u00e9 en mai 2026 exempter de visa tous les ressortissants africains pour des s\u00e9jours allant jusqu\u2019\u00e0 trente jours, sous r\u00e9serve d\u2019un enregistrement en ligne vingt-quatre heures avant l\u2019arriv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La question compte d\u2019autant plus que le march\u00e9 \u00e9metteur du tourisme africain grossit. La classe moyenne du continent devrait d\u00e9passer 500 millions de personnes d\u2019ici 2030 et plus de 60 % de la population a moins de 25 ans. Au S\u00e9n\u00e9gal, les visiteurs venus d\u2019Afrique repr\u00e9sentaient d\u00e9j\u00e0 74 % des arriv\u00e9es en 2024. Au Burkina Faso, les nationaux p\u00e8sent 78 % de la fr\u00e9quentation. Le tourisme africain se joue en grande partie entre Africains, et les politiques de promotion restent majoritairement tourn\u00e9es vers l\u2019Europe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Les infrastructures du tourisme africain suivent-elles la demande ?<\/strong><br>Le Forum \u00e9conomique mondial identifie pour l\u2019Afrique subsaharienne quatre freins structurels : les lacunes en infrastructures, la faiblesse de l\u2019investissement public dans le tourisme, une connectivit\u00e9 a\u00e9rienne insuffisamment d\u00e9velopp\u00e9e et des pr\u00e9occupations persistantes de sant\u00e9 et de s\u00e9curit\u00e9. Ces constats valent pour la C\u00f4te d\u2019Ivoire, le S\u00e9n\u00e9gal et le Burkina Faso \u00e0 des degr\u00e9s diff\u00e9rents.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le contraste avec le Maroc porte moins sur la volont\u00e9 politique que sur la profondeur du capital d\u00e9j\u00e0 install\u00e9. Ajouter 60 000 lits \u00e0 un parc de 300 000 revient \u00e0 une extension de 20 %. Construire l\u2019\u00e9quivalent au S\u00e9n\u00e9gal doublerait le parc national recens\u00e9 en 2015. Les ordres de grandeur ne sont pas les m\u00eames et les d\u00e9lais non plus.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Maroc b\u00e9n\u00e9ficie par ailleurs d\u2019un effet d\u2019entra\u00eenement que les trois pays ouest-africains n\u2019ont pas : l\u2019investissement li\u00e9 \u00e0 la Coupe du monde 2030 finance des \u00e9quipements ferroviaires, routiers et a\u00e9roportuaires qui servent aussi bien la population r\u00e9sidente que les visiteurs. En C\u00f4te d\u2019Ivoire, la Coupe d\u2019Afrique des nations 2023 avait produit un effet comparable \u00e0 plus petite \u00e9chelle, dans le prolongement des ajustements fiscaux d\u00e9cid\u00e9s pour soutenir le secteur, avec un parc h\u00f4telier significativement \u00e9largi avant la comp\u00e9tition.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019\u00e9cotourisme peut-il changer l\u2019\u00e9quation du tourisme africain ?<\/strong><br>Le potentiel \u00e9cologique du tourisme africain existe sur le papier. La C\u00f4te d\u2019Ivoire abrite le parc national de Ta\u00ef, for\u00eat primaire class\u00e9e au patrimoine mondial de l\u2019Unesco, et le parc de la Como\u00e9. Le Burkina Faso poss\u00e8de les ruines de Lorop\u00e9ni, \u00e9galement class\u00e9es. Le S\u00e9n\u00e9gal dispose du delta du Saloum et du parc national des oiseaux du Djoudj.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les donn\u00e9es de fr\u00e9quentation de ces sites ne sont pas publi\u00e9es de fa\u00e7on r\u00e9guli\u00e8re ni comparable d\u2019un pays \u00e0 l\u2019autre. Il est donc impossible d\u2019\u00e9tablir aujourd\u2019hui si l\u2019\u00e9cotourisme progresse, stagne ou recule dans ces quatre pays. Les strat\u00e9gies nationales du tourisme africain le citent syst\u00e9matiquement parmi les priorit\u00e9s. Aucune ne publie d\u2019indicateur de suivi accessible.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Ce que ces quatre trajectoires du tourisme africain ont en commun<\/strong><br>Le Maroc, la C\u00f4te d\u2019Ivoire, le S\u00e9n\u00e9gal et le Burkina Faso occupent des positions tr\u00e8s diff\u00e9rentes dans le tourisme africain. Ils partagent pourtant trois difficult\u00e9s identiques, qui r\u00e9sument l\u2019\u00e9tat du tourisme africain en 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La premi\u00e8re difficult\u00e9 du tourisme africain est statistique. Aucun des quatre pays ne publie de compte satellite du tourisme actualis\u00e9 et audit\u00e9 par un organisme ind\u00e9pendant. Les \u00e9carts de m\u00e9thodologie autorisent des annonces spectaculaires que rien ne permet de contredire ni de confirmer. La controverse ivoirienne de juillet 2026 en offre l\u2019illustration la plus nette.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La deuxi\u00e8me contrainte du tourisme africain est budg\u00e9taire. Le S\u00e9n\u00e9gal r\u00e9duit de 1,8 % le budget de son minist\u00e8re du Tourisme l\u2019ann\u00e9e m\u00eame o\u00f9 il lance ses \u00e9tats g\u00e9n\u00e9raux. L\u2019Afrique subsaharienne enregistre le plus fort recul mondial de la priorisation gouvernementale du tourisme depuis 2019. L\u2019\u00e9cart entre les feuilles de route et les lignes budg\u00e9taires reste la contradiction la mieux document\u00e9e du dossier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La troisi\u00e8me faiblesse du tourisme africain est commerciale. Les trois pays ouest-africains d\u00e9pendent de march\u00e9s \u00e9metteurs europ\u00e9ens qu\u2019ils ne contr\u00f4lent pas et n\u00e9gligent le march\u00e9 africain qui constitue d\u00e9j\u00e0 l\u2019essentiel de leur client\u00e8le. Le Maroc a r\u00e9solu cette \u00e9quation en d\u00e9veloppant simultan\u00e9ment le tourisme int\u00e9rieur, qui a pes\u00e9 48 milliards de dirhams en 2025, et la client\u00e8le des Marocains r\u00e9sidant \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Tourisme africain : les \u00e9ch\u00e9ances \u00e0 surveiller d\u2019ici la fin 2026<\/strong><br>Trois rendez-vous vont produire des donn\u00e9es nouvelles sur le tourisme africain dans les prochains mois. Chacun engage l\u2019un des quatre pays compar\u00e9s dans ce dossier consacr\u00e9 au tourisme africain.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le SITHO se tient \u00e0 Ouagadougou du 22 au 27 septembre 2026 et devrait donner lieu \u00e0 la publication d\u2019un bilan actualis\u00e9 du secteur burkinab\u00e8, notamment sur la r\u00e9ouverture des sites du Sud-Ouest et des Cascades. Les \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux de la culture, de l\u2019artisanat et du tourisme s\u00e9n\u00e9galais, lanc\u00e9s le 9 avril 2026, doivent d\u00e9boucher sur une strat\u00e9gie chiffr\u00e9e. La question de la m\u00e9thodologie statistique y sera centrale, faute de quoi les objectifs de 3 millions de visiteurs et 500 000 emplois resteront inv\u00e9rifiables.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le minist\u00e8re ivoirien du Tourisme et des Loisirs n\u2019a pas r\u00e9pondu publiquement \u00e0 la demande de m\u00e9thodologie formul\u00e9e par le PPA-CI le 23 juillet 2026. Sans ventilation entre emplois formels et informels ni chiffre des d\u00e9clarations \u00e0 la CNPS, l\u2019\u00e9cart entre 2 % et 8,7 % du PIB restera un point de d\u00e9saccord ouvert, et la comparaison avec le Maroc, le S\u00e9n\u00e9gal ou le Burkina Faso continuera de reposer sur des bases qui ne sont pas les m\u00eames d\u2019un pays \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La Paix <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Source : Afrique sur 7<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019Afrique a accueilli 81 millions de touristes internationaux en 2025, soit 8 % de plus&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":4142,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[45],"tags":[],"class_list":["post-4141","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4141","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4141"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4141\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4149,"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4141\/revisions\/4149"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4142"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4141"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4141"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.journalapaix.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4141"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}