Acheter un aliment à proximité d’une station-service ou à l’intérieur de sa boutique peut sembler pratique et sans risque. Pourtant, derrière cette apparente normalité, se cache une réalité souvent méconnue. Les carburants et lubrifiants utilisés dans ces espaces libèrent en permanence des substances volatiles qui se diffusent dans l’air ambiant, surtout sous l’effet de la chaleur.
Ces vapeurs ne s’arrêtent pas aux pompes. Elles peuvent se déposer sur les emballages des aliments ou, dans certains cas, traverser des matériaux qui ne sont pas totalement étanches. Les aliments riches en matières grasses y sont particulièrement sensibles, car ils absorbent facilement ces composés. Même lorsqu’un produit paraît bien fermé, la contamination peut être indirecte, par le contact des mains, des surfaces ou de l’air chargé de polluants.
Les conséquences sur la santé ne sont pas toujours immédiates, ce qui rend le danger plus insidieux. Une exposition répétée, même à faibles doses, peut favoriser des maux de tête, des troubles digestifs, des atteintes du foie ou du système nerveux, et à long terme augmenter le risque de maladies plus graves. Les enfants, les femmes enceintes et les personnes fragiles y sont particulièrement vulnérables.
Il ne s’agit pas d’alarmer inutilement, mais de rappeler une règle simple : tous les lieux ne sont pas adaptés à la vente et à la conservation des aliments. La sécurité alimentaire ne dépend pas seulement de ce que nous mangeons, mais aussi de l’environnement dans lequel les aliments sont stockés et manipulés.
Moralité : la proximité ne doit jamais primer sur la prudence. Mieux vaut parcourir quelques mètres de plus pour acheter des aliments dans un environnement sain que d’exposer sa santé à un risque invisible. En matière d’alimentation, la vigilance est déjà une forme de prévention.
Salia DIABATE
Nutritionniste-ingénieur agronome, doctorant, enseignant-formateur à l’ENAFA de Matourkou
Image : Générée par IA
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