Innovation : les universités face au défi des start-ups

Longtemps cantonnée aux laboratoires et aux publications scientifiques, la recherche universitaire est aujourd’hui appelée à jouer un rôle plus concret dans le développement économique. Les universités marocaines multiplient les initiatives destinées à renforcer le transfert technologique, avec un objectif affiché : faire émerger davantage de startups, valoriser les brevets et favoriser la création d’emplois qualifiés.

Cette orientation intervient alors que le Maroc cherche à renforcer son écosystème de l’innovation et à rapprocher le monde universitaire des besoins des entreprises. Dans les faits, de nombreux projets de recherche peinent encore à franchir le cap de la commercialisation. Plusieurs innovations restent confinées aux laboratoires, sans trouver de débouchés économiques.

Convertir les résultats de la recherche en projets concrets
Le principal défi ne consiste plus uniquement à financer les laboratoires ou à encourager la production scientifique. La question est désormais de savoir comment transformer les résultats de la recherche en prototypes, en brevets, puis en entreprises capables de créer de la valeur et des emplois.

Cette évolution suppose un changement d’approche. Les établissements d’enseignement supérieur sont de plus en plus invités à accompagner les chercheurs jusqu’à la valorisation de leurs travaux, plutôt que de limiter leur mission à la production de connaissances.

Pour y parvenir, plusieurs universités développent des structures d’accompagnement, des incubateurs et des dispositifs destinés à rapprocher les chercheurs du monde économique. L’objectif est de faciliter la naissance de projets innovants susceptibles d’intéresser les investisseurs et les entreprises.

Un écosystème à construire
Approché par Hespress FR, Amine Sami, expert international en économie et en planification stratégique, estime que la réussite de cette stratégie dépend avant tout de la mise en place d’un véritable écosystème de transfert technologique.

« Le principal défi n’est pas seulement de financer les laboratoires ou de multiplier les publications. Il consiste à transformer les résultats de la recherche en prototypes, en brevets, en solutions commercialisables et, finalement, en entreprises capables de créer des emplois », explique-t-il.

D’après l’expert, cette transformation passe par une coopération étroite entre les universités, les entreprises, les investisseurs, les incubateurs et les collectivités territoriales. Il considère également que les chercheurs doivent être accompagnés sur les aspects juridiques, financiers et entrepreneuriaux.

« Une bonne invention ne devient pas automatiquement une bonne startup », rappelle-t-il, soulignant l’importance d’un accompagnement adapté à chaque étape du projet.

Répondre aux besoins de l’économie
Les programmes de recherche doivent également, de l’avis de Amine Sami, répondre davantage aux besoins du tissu économique national. Il cite notamment l’agriculture intelligente, la santé, les énergies renouvelables, la mobilité, la gestion de l’eau, l’industrie et l’intelligence artificielle.

À ses yeux, ces secteurs offrent un potentiel important pour développer des innovations capables de renforcer la compétitivité du pays tout en créant des emplois qualifiés. Il estime par ailleurs que l’Enseignement Supérieur est appelé à jouer un rôle plus large dans le développement économique.

« L’université ne doit plus être uniquement un lieu de transmission du savoir. Elle doit devenir une plateforme de création de valeur », juge Amine Sami.

Et d’ajouter que les résultats ne devront plus être évalués uniquement à travers le nombre de projets financés ou de publications scientifiques. Le véritable indicateur sera désormais le nombre de technologies transférées, de brevets exploités, de startups créées et d’emplois durables générés.

La Paix

Source : Hespress

par La paix