Journée des coutumes et traditions au Burkina : « Le contenu du 15 mai ne doit en aucun cas entraîner un retour à des pratiques néfastes comme l’excision ou le mariage des enfants. » Naaba Saaga 1er chef de Issouka de Koudougou

Dans le cadre de la Journée de l’Enfant Africain, le ministère de la communication, de la culture, des arts et du tourisme, avec l’appui financier de l’UNICEF et en collaboration avec l’Association SONGNAAM de Koudougou ont organisé une journée d’échanges de cinquante enfants et des chefs traditionnels. Cette journée s’est terminée par un plaidoyer des enfants qui ont remis un message aux notables traditionnels ce vendredi 20 juin 2025 à Maasmè au palais royal de Issouka.

Dieu n’a pas besoin d’être protestant, catholique ou musulman pour être dans nos cœurs. Le bon Dieu est dans le cœur de chacun de nous. Que vous vous appelez tanga ou Mohamed, Dieu est aussi avec nos ancêtres, nos aïeux et nos grands-parents. Tels sont les propos de Naaba Saaga 1er chef de Issouka et Président de l’Association SONGNAAM. En rappel, le Burkina Faso célèbre chaque année le 15 mai, la Journée des Coutumes et Traditions (JCT) qui a été instituée par un décret gouvernemental le 6 mai 2024. Cette journée vise à faire un retour en arrière pour valoriser notre culture et promouvoir ses valeurs de paix, de cohésion sociale et du vivre-ensemble. Cependant beaucoup de burkinabè se pose des questions par rapport à ce retour au source de nos coutumes et traditions.

C’est pourquoi le ministère de la communication, de la culture, des arts et du tourisme avec l’UNICEF et l’Association SONGNAAM de Koudougou ont bien voulu initié une journée d’échanges avec les enfants issus du milieu scolaire primaire et secondaire et les chefs traditionnels de l’Association SONGNAAM. Dans le but de donner des explications sur le fondement de cette journée face au inquiétude des enfants, des parents, des Organisations de la société civile, des ONG et des institutions qui œuvrent dans le domaine de l’enfance.

La rencontre a eu lieu à Maasmè au palais royal de Issouka en présence de Baba BARO directeur régional représentant le ministère de la communication de la culture, des arts et du tourisme. La journée s’est déroulée sous forme de communications de plusieurs notabilités comme : Le Bourkina Naaba, le Zakin Naaba en plus de Naaba Saaga 1er qui ont livré des messages suivis de questions-réponses avec les enfants.

« C’est vrai que c’est la tradition, c’est la coutume. Mais nous sommes engagés pour dire non à ces pratiques », a-t-il déclaré Naaba Saaga 1er. Il conclut en disant que : « Le contenu du 15 mai ne doit en aucun cas entraîner un retour à des pratiques néfastes comme l’excision ou le mariage des enfants. Le 15 mai est avant tout une valorisation de l’identité burkinabè. Il faut réunir les chefs coutumiers pour porter la voix de l’enfant dans les concessions et les villages, car l’enfant c’est de l’or et nous devrions l’encadrer ».

Voici l’intégralité du message de plaidoyer des enfants à L’Association SONGNAAM

Chers Naaba,
Merci beaucoup pour les bonnes valeurs que vous nous apprenez chaque jour. Vous êtes les gardiens de nos traditions et de notre culture. Vous nous enseignez le respect, la sagesse et l’unité.
Mais certains anciens comportements font du mal aux enfants, comme le mariage forcé ou les mutilations. Nous savons que notre culture est riche et belle, et qu’elle peut nous aider à grandir dans la paix et la dignité. C’est pourquoi nous vous demandons de nous protéger, de défendre nos droits et de dire non à ce qui nous blesse.
Avec votre voix, les choses peuvent changer. Aidez-nous à faire de notre culture une force pour l’avenir de tous les enfants.
Je vous remercie !!!

Sébastien OUEDRAOGO

www.journalapaix.org  

par La paix