Reformes sur les libertés religieuses au Burkina Faso : Six mois pour déclarer les édifices existants sous peine de sanctions

L’heure est à la régularisation pour les communautés religieuses du Burkina Faso. Le nouveau cadre législatif, porté par le Ministère de l’Administration Territoriale et de la Mobilité, définit désormais des lignes rouges claires pour l’implantation des lieux de culte et la teneur des prêches.

Les responsables religieux disposent désormais d’un calendrier précis pour régulariser leur situation. Selon les dispositions transitoires de la loi, tous les édifices religieux construits avant l’entrée en vigueur du texte doivent impérativement faire l’objet d’une déclaration auprès du Haut-commissaire compétent dans un délai de six mois. Au-delà de l’aspect matériel, les organisations et leurs responsables ont un an pour se conformer aux exigences de fond fixées par les articles 23, 24 et 25 de la nouvelle législation.

L’État se dote de moyens de pression considérables pour assainir le secteur. L’Article 106 est explicite : tout édifice religieux bâti de manière irrégulière s’expose désormais à une démolition pure et simple par l’autorité compétente. De même, l’ouverture illégale d’un lieu de culte pourra entraîner sa fermeture temporaire ou définitive. Ces mesures administratives interviennent indépendamment des éventuelles poursuites pénales ou civiles que pourraient encourir les responsables de ces édifices.

L’aspect le plus symbolique de cette réforme concerne la régulation du discours religieux. Le gouvernement entend mettre un terme aux dérives verbales qui menacent la cohésion sociale. Désormais, tout lieu de culte où sont proférés de manière répétée des discours haineux, dénigrants, outrageants ou discréditants peut faire l’objet d’une fermeture ou d’une démolition. Cette disposition de l’Article 108 souligne la responsabilité des leaders religieux dans la préservation de la paix publique et du respect mutuel.

Avec ce nouveau dispositif, le Burkina Faso franchit une étape décisive dans la gestion du fait religieux. Si la liberté de culte reste un principe, elle s’exerce désormais sous la surveillance rigoureuse d’un État qui ne tolérera plus ni l’anarchie immobilière, ni l’instrumentalisation haineuse du sacré.

La Paix

Source : Netafrique.net

par La paix