Chefferie à Kindi : Rendez-vous manqué de la réconciliation après 19 ans de discorde, la population exprime sa profonde déception

L’espoir d’un dénouement pacifique s’est mué en une amère déception ce samedi 25 juillet 2026 à Kindi. Selon l’Agence d’information du Burkina (AIB), la cérémonie solennelle devant sceller la paix entre le Naba Kouanga de Kindi et le Ranzang Naba de Kougri de Sankanriaré a avorté. Malgré une mobilisation exceptionnelle des populations et la présence de hautes autorités coutumières, l’absence inexpliquée du second protagoniste, pourtant initiateur de cette rencontre a bloqué le processus de réconciliation destiné à clore un différend vieux de 19 ans,. Face à ce rendez-vous manqué, le chef de Kindi a annoncé que la procédure judiciaire en cours irait désormais jusqu’à son terme.

Le quartier de Kindi était en effervescence ce samedi. Des centaines d’habitants, portés par le désir de voir enfin s’éteindre une crise de près de deux décennies, étaient sortis massivement pour assister à ce qui devait être une journée historique. Comme l’a constaté sur place l’Agence d’information du Burkina (AIB), tout était en place pour une réconciliation durable : autorités administratives, notabilités coutumières et la famille Zoundi attendaient le geste qui panserait les plaies du passé.

L’ironie de la situation réside dans l’origine de cette rencontre. Selon les sources de l’AIB, c’est le Ranzang Naba de Sankanriaré lui-même qui avait expressément demandé la tenue de cette journée pour œuvrer au bonheur des administrés. Pourtant, à l’heure dite, son siège est resté désespérément vide.

Cette défection a suscité une vive indignation, y compris au sein de sa propre lignée. Son frère aîné direct a publiquement exprimé son amertume face à ce qu’il considère comme une occasion manquée de ramener la sérénité dans les cœurs.

Prenant la parole devant l’assistance, le Naba Kouanga de Kindi a rappelé la genèse de ce conflit qui empoisonne la vie locale depuis 19 ans,. Il a évoqué des agissements répétés, jugés contraires aux attributions coutumières traditionnelles, qui ont fragilisé une paix déjà précaire dans la commune. Le chef de Kindi a souligné avoir déjà saisi les autorités administratives pour un recadrage des rôles de chacun, espérant que cette assise coutumière éviterait l’escalade.

Le Ouidi Naba, ministre du canton du Lallé, dont la présence soulignait l’importance de l’enjeu, a déploré cette issue malheureuse,. Pour ce haut dignitaire, la présence du protagoniste était la clé pour apaiser définitivement les esprits et restaurer la quiétude indispensable au développement de la localité.

En guise de conclusion à cette rencontre écourtée, le Naba Kouanga n’a pas caché sa détermination à obtenir réparation par d’autres voies. Puisque la main tendue de la coutume n’a pas été saisie, « la procédure judiciaire suivra son cours jusqu’au bout », a-t-il signifié avec fermeté.

Tout en formulant des vœux pour la saison hivernale, marquée par une rareté préoccupante des pluies, le chef a exhorté ses administrés à ne pas céder aux esprits divisionnistes. À Kindi, si les cœurs restent lourds après ce samedi de déception, l’appel à un retour définitif de la paix demeure le leitmotiv d’une population qui refuse de voir son avenir pris en otage par les querelles du passé.

par La paix