Migration à Sebta : flux hétérogène et rapatriement total

Le littoral nord du Royaume vit au rythme d’une urgence migratoire absolue. Ces derniers jours, les tentatives d’entrée illégale dans le préside occupé de Sebta ont pris une ampleur inédite, caractérisée par une hétérogénéité marquante des profils.

Loin des vagues migratoires traditionnelles, les traversées à la nage mobilisent désormais une population plurielle : des adolescents, des jeunes adultes, mais aussi des femmes et des noyaux familiaux entiers qui convergent vers l’enclave.

Face à cette situation critique, les canaux diplomatiques et sécuritaires des deux pays se sont immédiatement activés pour acter une riposte ferme.

Rabat et Madrid ont en effet scellé un accord stipulant le retour et le rapatriement systématique de l’ensemble des migrants ayant réussi à rejoindre la ville occupée au cours des derniers jours. Preuve de la rigueur de ce protocole exceptionnel, cette mesure de reconduite s’appliquera également aux mineurs, sans exception.

L’opération de reconduite s’effectuera dans le cadre d’une coordination bilatérale étroite entre les deux pays pour désamorcer l’engorgement des infrastructures de transit. Cette crise logistique et humaine sans précédent a d’ailleurs poussé le président du gouvernement local de Sebta, Juan Jesús Vivas, à déclarer une « urgence humanitaire et sociale absolue ».

Coordination exemplaire face à l’instrumentalisation des mafias

En visite dans le préside ce vendredi 31 juillet, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a apporté un éclairage politique majeur sur les ressorts de ce rush hétérogène. Le chef du gouvernement espagnol a directement incriminé les « mafias de trafiquants d’êtres humains », les accusant d’avoir propagé une « lecture intéressée » et malhonnête d’un récent arrêt de la Cour suprême statuant sur l’impossibilité théorique de reconduire à la frontière les personnes arrivées par la mer.

« Ce qui ressort des échanges que nous avons eus avec les autorités marocaines, c’est une lecture intéressée que les mafias de trafiquants d’êtres humains ont faite d’un arrêt de la Cour suprême » espagnole, a-t-il dit.

Répandue « comme une traînée de poudre » ces dernières heures, cette fausse interprétation a servi d’appât pour inciter des milliers de profils divers à se jeter à l’eau. Sánchez a fermement qualifié cette vague massive d’« attaque » et de « violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne».

Le Maroc et l’Espagne, dont la coopération en matière de gestion migratoire reste qualifiée d’«exemplaire », se sont engagés à réviser et exécuter les procédures de refoulement dans les plus brefs délais, dans un objectif commun de faire respecter la souveraineté frontalière et neutraliser les réseaux criminels qui exploitent la détresse sociale pour orchestrer ces flux massifs.

La Paix

Source : HESPRESS

par La paix