En l’absence d’une école formelle de guidage au Burkina Faso, les acteurs du secteur culturel unissent leurs forces pour structurer la profession. Du 23 au 24 juillet 2026, le Musée Rayimi de Koudougou a accueilli la première édition d’une session de formation au profit d’une quinzaine de guides touristiques de la région. Initiée par Rémy Nayaga fondateur du GMT, cette session vise à professionnaliser un secteur clé pour la mise en valeur de nos richesses culturelles.
Un sursaut face au manque de professionnels
La région de Nando regorge de trésors patrimoniaux, mais souffre d’un manque criant d’encadrement qualifié. Seuls deux ou trois guides y détiennent actuellement une carte professionnelle. « C’est une triste réalité et un défi que nous devons relever », explique Rémy Nayaga, fondateur du groupe Guide Moderne du Tourisme (GMT) et sacré meilleur guide national du Burkina Faso au PNET 2025.
Face à ce constat, M. Nayaga, également gestionnaire du Musée Rayimi, a pris les devants en pleine Grande saison du tourisme interne 2026. L’objectif est double : rehausser le niveau des prestations locales et préparer efficacement les aspirants au récent test d’aptitude lancé par le ministère de tutelle, condition sine qua non pour obtenir le précieux sésame professionnel.

48 heures pour maîtriser les fondamentaux du métier
Pendant deux jours, les quinze participants ont bénéficié de l’expertise de Rémy Nayaga et de Justin Rabolem, guide au Musée Rayimi. La formation s’est concentrée sur trois compétences majeures :
- Le cadre juridique régissant le métier de guide au Burkina Faso.
- Les techniques d’accueil et la gestion de l’animation des groupes.
- La conception de circuits touristiques attractifs et structurés.

Germaine Ouédraogo, étudiante en management du tourisme et stagiaire au site Maasmè, témoigne de l’impact de cette opportunité : « Beaucoup de gens ne mesurent pas l’importance du guide de tourisme. Grâce à cette formation, nous acquérons les connaissances nécessaires pour être plus rigoureux et mieux valoriser notre métier. »
Un élan soutenu par l’État et la chefferie coutumière
Placée sous le patronage de Baba Barro, Directeur régional de la communication, de la culture, des arts et du tourisme, l’initiative a reçu de forts encouragements institutionnels. « Pour une région aussi dynamique sur le plan touristique, nous méritons un effectif de qualité. Cette formation va permettre de doter la région d’un nombre important de guides professionnels », a souligné le Directeur régional.

Cette vision est pleinement partagée par Naaba Saaga 1er, chef de Issouka et promoteur du Musée Rayimi. Heureux de voir les autorités se mobiliser sur le site Maasmè, le leader coutumier a lancé un vibrant appel à l’action collective : « Je demande à tous ceux qui le peuvent de faire en sorte que nos sites soient visités et valorisés. Le tourisme interne doit prendre de la valeur. Aujourd’hui, nous voyons de plus en plus de nationaux et d’élèves s’intéresser à leur propre culture. Le Burkina Faso est riche et il va se découvrir à travers l’accompagnement des guides et des autorités. »
À travers cette synergie réussie entre la jeunesse, la chefferie et l’État, Koudougou pose les jalons d’un tourisme porteur de sens, vecteur d’identité et de développement économique local. Tous les participants repartent avec une attestation de formation.
Sébastien OUEDRAOGO
www.journalapaix.org
